The Marquis D'Argenson: A Study in Criticism: Being the Stanhope Essay: Oxford, 1893Ogle, Arthur
History
The Marquis D'Argenson: A Study in Criticism: Being the Stanhope Essay: Oxford, 1893
Ogle, Arthur
Argenson, René-Louis de Voyer, marquis d', 1694-1757
"L'objet principal est l'Allemagne; tout en dépend, même
l'établissement de l'infant don Philippe en Italie. _Pour parvenir à la
paix_, Votre Majesté a trois objets à soutenir: (1) _de maintenir le
roi de Prusse en Silésie_; (2) d'empêcher l'élection du grand-duc, et
de procurer l'élection de la couronne impériale au roi de Pologne avec
une grande facilité; sans quoi, _il n'en acceptera même l'idée_; (3)
un établissement pour don Philippe, quel qu'il puisse être. Pour cet
effet, _il faut que nous nous soutenions puissants en Allemagne, et que
nous tâchions d'y donner la main au roi de Prusse_.
"Les quatre théâtres de guerre, où opèrent nos quatre armées, sont
celle de Flandre, celle de Mein, celle de Souabe, et celle d'Italie.
"Je serais d'avis que V.M. ne fît qu'une _défensive en Flandre_, sous
les ordres du comte de Saxe, qui s'y entend si bien, ainsi qu'il a paru
à la fin de la dernière campagne.
"_En Italie encore une défensive_, malgré ce qu'en pourront dire les
Espagnols, pour bien assurer les Gênois, les mettre à l'abri de toute
attaque, défendre par là le roi de Naples, et tenir en échec le roi de
Sardaigne, qui même ne pourra se soutenir à la longue, s'il n'est point
soutenu des Autrichiens; et si l'on trouve jour à entamer le Piémont,
qu'on y avance autant qu'on pourra; qu'on avance dans le Milanais et le
Plaisantin, si l'on peut; _mais qu'en Allemagne nous faisions nos plus
grands efforts_.
"Que Votre Majesté se porte incessamment à Strasbourg avec son équipage
de guerre, pour aller ensuite commander celle des deux armées, qui
promettra d'avoir le plus de succès et de sécurité pour la personne
sacrée de Votre Majesté.
"_Celle du Mein_, sous les ordres du Maréchal de Maillebois, a
commencé à pousser l'ennemi. Je serais d'avis qu'on lui continuerât ce
généralât. Elle pourra aller _jusqu'en Westphalie et à Hanovre_. _Celle
de Bavière_ doit être rassemblée incessamment, avec des magasins à vos
dépens, puisque l'électorât de Bavière n'en peut fournir. Il faut la
mettre en état de faire le siège d'Ingolstadt, resserrer nos quartiers,
et _allant du Leck à Passau elle pénétrera en Autriche et donnera la
main au roi de Prusse_.
"Comptez, Sire,[314] que ce puissant allié sortira de sa défensive;
qu'il ira en Bohême, en Moravie, et même en Autriche, s'il se peut,
quand nous lui montrerons si bonne exemple. Avec cela _Votre Majesté
soutiendra ses alliances et même les augmentera_. Le Palatin, la
Hesse, la Bavière nous seconderont; et _la Saxe_ même, assurée de nos
succès, _n'hésitera plus d'accepter la couronne impériale_. Au moins
retarderons-nous cette élection, et elle sera le scéau de la paix. _Si
au contraire, nous n'envisageons que la Flandre_ comme objet principal,
et que nous négligeons l'Allemagne, _nous perdrons tous nos alliés,
les unes après les autres, et notre ennemi sera élu empereur sous nos
yeux_."[315]
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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