The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
History
The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
L'an 1432, cent ans après la publication des deux ouvrages de Brochard,
plusieurs grands seigneurs des états de Bourgogne et officiers du duc
Philippe-le-Bon font le pélerinage de la Terre-Sainte. Parmi eux est son
premier écuyer tranchant nommé la Brocquière. Celui-ci, après plusieurs
courses dévotes dans le pays, revient malade à Jérusalem, et pendant sa
convalescence il y forme le hardi projet de retourner en France par la voie
de terre. C'étoit s'engager à traverser toute la partie occidentale d'Asie,
toute l'Europe orientale; et toujours, excepté sur la fin du vovage, à
travers la domination musulmane. L'exécution de cette entreprise, qui
aujourd'hui même ne seroit point sans difficultés, passoit alors pour
impossible. En vain ses camarades essaient de l'en détourner: il s'y
obstine; il part, et, après avoir surmonté tous les obstacles, il revient,
dans le cours de l'année 1433, se présenter au duc sous le costume
Sarrasin, qu'il avoit été obligé de prendre, et avec le cheval qui seul
avoit fourni à cette étonnante traite.
Une si extraordinaire aventure ne pouvoit manquer de produire à la cour un
grand effet. Le duc voulut que le voyageur en rédigeat par écrit la
relation. Celui-ci obéit; mais son ouvrage ne parut que quelques années
après, et même postérieurement à l'année 1438, puisque cette époque y est
mentionnée, comme on le verra ci-dessous.
Il n'étoit guère possible que le duc eut journellement sous les yeux son
écuyer tranchant sans avoir quelquefois envie de le questionner sur celte
terre des Mécréans; et il ne pouvoit guère l'entendre, sur-tout à table,
sans que sa tête ne s'échauffat, et ne format aussi des chimères de
croisade et de conquête.
Ce qui me fait présumer qu'il avoit demandé à la Brocquière des
renseignemens de ce genre, c'est que celui-ci a inséré dans sa relation un
long morceau sur la force militaire des Turcs, sur les moyens de les
combattre vigoureusement, et, quoiqu'avec une armée médiocre mais bien
conduite et bien organisée, de pénétrer sans risques jusqu'à Jérusalem.
Assurément un épisode aussi étendu et d'un résultat aussi important est à
remarquer dans un ouvrage présenté au duc et composé, par ses ordres; et
l'on conviendra qu'il n'a guère pu y être placé sans un dessein formel et
une intention particulière.
En effet on vit de temps en temps Philippe annoncer sur cet objet de grands
desseins; mais plus occupé de plaisirs que de gloire, ainsi que le prouven
les quinze batards connus qu'il a laissés, toute sa forfanterie s'évaporoit
en paroles. Enfin cependant un moment arriva ou la chrétienté, alarmée des
conquêtes rapides du jeune et formidable Mahomet II. et de l'armement
terrible qu'il préparoit contre Constantinople, crut qu'il n'y avoit plus
de digue à lui opposer qu'une ligue générale.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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