The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
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The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
La voie d'Afrique est extrêmement difficile, à raison des châteaux
fortifiés qu'on y rencontrera, du manque de vivres auquel on sera exposé,
de la traversée des déserts et de l'Egypte qu'il faudra franchir. Le chemin
d'ailleurs est immense par sa longueur. Si l'on part du détroit de
Gibraltar, on aura, pour arriver à deux petites journées de Jérusalem, 2500
milles à parcourir; si l'on part de Tunis, on en aura 2400. Conclusion: la
voie d'Afrique est impracticable, il faut y renoncer.
Celle d'Italie présente trois chemins divers. L'un par Aquilée, par
l'Istrie, la Dalmatie, le royaume de Rassie (Servie) et Thessalonique
(Salonique), la plus grande cité de Macédoine, laquelle n'est qu'à huit
petites journées de Constantinople. C'est la route que suivoient les
Romains quand ils alloient porter la guerre en Orient. Ces contrées sont
fertiles; mais le pays est habité de gens non obeïssans à l'église de Rome.
Et quant est de leur vaillance et hardiesse à résister, je n'en fais nulle
mention, néant plus que de femmes.
Le second est par la Pouille. On s'embarqueroit à Brandis (Brindes), pour
débarquer à Duras (Durazzo) qui est à monseigneur le prince de Tarente.
Puis on avanceroit par l'Albanie, par Blaque et Thessalonique.
La troisième traverse également la Pouille: mais il passe par Ydronte
(Otrante), Curpho (Corfou) qui est à mondit seigneur de Tarente, Desponte,
Blaque, Thessalonique. C'est celui qu'à la première croisade prirent
Robert, comte de Flandre; Robert, duc de Normandie; Hugues, frère du roi
Philippe I'er, et Tancrède, prince de Tarente.
Après avoir parlé du passage par mer et du passage composé de terre et de
mer, Brochard examine celui qui auroit lieu entièrement par terre.
Ce dernier traverse l'Allemagne, la Hongrie et la Bulgarie. Ce fut celui
qu'à la même première expédition suivit une grande partie de l'àrmée de
France et d'Allemagne, sous la conduite de Pierre l'hermite, et c'est celui
que l'auteur conseille au roi.
Mais quand on est en Hongrie on a deux routes à choisir: l'une par la
Bulgarie, l'autre par l'Esclavonie, qui fait partie du royaume de Rassie.
Godefroi de Bouillon, ses deux frères, et Baudouin, comte de Mons, prirent
la première. Raimond, comte de Saint-Gilles, et Audemare, évêque du Puy et
légat du Saint-Siège, prirent la seconde, quoique quelques auteurs
prétendent qu'ils suivirent celle d'Aquilée et de Dalmatie.
Si le roi adoptoit ce passage par terre, l'armée, arrivée en Hongrie,
pourrait se diviser en deux; et alors, pour la plus grande commodité des
vivres, chacune des deux parties suivroit un des deux chemins; savoir,
l'une, celui de là Bulgarie; l'autre, celui de l'Esclavonie. Le roi
prendroit la première route, comme la plus courte. Quant aux Languedociens
et Provençaux, qui sont voisins de l'Italie, il leur seroit permis d'aller
par Brindes et Otrante. Leur rendezvous seroit à Thessalonique, où ils
trouveroint le corps d'armée, qui auroit pris par Aquilée.
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