The Wars of Religion in France 1559-1576: The Huguenots, Catherine de Medici and Philip IIThompson, James Westfall
History
The Wars of Religion in France 1559-1576: The Huguenots, Catherine de Medici and Philip II
Thompson, James Westfall
France -- History -- Wars of the Huguenots, 1562-1598; Sainte Ligue (1576-1593)
Monseigneur, j’ay receu une lettre quil vous a pleu m’escripre pour
responce a ce que vous avois escript par monsieur de Saragosse. Iay
congneu que pensiez que je fusses encores au lieu dont vous avois
escript. Si jeuse pense que ma presente y eust este requise j’euse
differé tant quil vous eust pleu le me faire entendre. Mais il vous
estoit fort aise a penser que si lon prenoit goust par deça a ceste
negociation elle seroit adressee a monsieur le cardinal de Chastillon,
ou a l’ambassadeur du roy. On seroit envoye quelqu’ng des francoys
favoris. Quand a moy ie n’ay pretendu en cest affaire que le service
du roy et de la couronne de France, et si les affaires succedoient
comme je y voy une telle espoirance et asseurance sil estoit poursuivy
diligemment. Le contentement que je desire ne me pouroit fuir. Il est
vray que je serais fort marry si jamais j’oyois dire que par faulte de
diligence cest affaire fust demoure imparfaict, aussy seroit ce ung
domage public oultre le particullier du prince au quel les premiers
fruicts en appartiennent. Monsieur une lettre que jay receue de mons^[r]
de Saragosse me faict entrer en soupçon et craincte que en atendant
entre deux personnes qui ne se sont jamais veues qui ostera prenner le
bonnet il ne se mette quelqung entre deux qui face perdre l’occasion
de contracter une grande amitie & fort utille a la France, la quelle
estant perdue sensuyviroit le dommage et le regret (mais en vain). Je
suis bien asseure que larcheduc d’Austriche ne sendormira pas et ne
laisera perdre l’occassion qui se presente a une assemblee des estatz
qui se vont tenyr voire les previendra sil peult ne perdra pas une
heure, que pendant quil voyt que la royne est en deffiance et doubte
pour les affaires de la royne D’escosse et des differens quelle a avec
le roy D’espaigne et quilz voyoient que l’empereur avent en pouppe,
et quil faict des mariages telz quil scavroit souhaiter. Il ne se
serve de l’occassion & faveur du temps et pendant que les amis simulez
paistront la jeunesse animeuse et la rempliront de grande espoirance,
luy prometant par adventure des plus grandes choses (combien quelles
ne soient pas aysees a trouver), et pour moy je ne les scay pas ilz
prendront cest advantage sur la partye et renforceront leur grandeur
de la puissance et faveur d’un royaulme qui nest point petit. Et vous
ose bien dire quil y a de la part de ceux en qui gist la resolucion de
cest affaire une grande inclinacion et une grande consideracion de long
service de cest ancyen serviteur et de la subjection et humiliacion
quil a monstree de la quelle vous scavez que le sexe se delecte. Ausy
est ce leur façon de regner la quelle toutes veulent exercer, tant plus
les roynes. Il ne fault penser que les dificultes pour la religion
puissent engendrer quelques difficultez aux capitulacions qui facent
plus de retardement. Car je scay par la bouche de la dame et ausy par
ceux qui ont sceu toute ceste negotiacion passee, et par ung qui y a
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