The Writings of Thomas Jefferson, Vol. 8 (of 9): Being His Autobiography, Correspondence, Reports, Messages, Addresses, and Other Writings, Official and PrivateJefferson, Thomas
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The Writings of Thomas Jefferson, Vol. 8 (of 9): Being His Autobiography, Correspondence, Reports, Messages, Addresses, and Other Writings, Official and Private
Jefferson, Thomas
United States -- Politics and government -- 1775-1783; United States -- Politics and government -- 1783-1865
"Quoique le sauvage du nouveau monde soit à peu près de
même stature que l'homme de notre monde, cela ne suffit pas
pour qu'il puisse faire une exception au fait général du
rapetissement de la nature vivante dans tout ce continent; le
sauvage est foible et petit par les organes de la génération;
il n'a ni poil, ni barbe, and nulle ardeur pour sa femelle.
Quoique plus léger que l'Européen, parce qu'il a plus d'habitude
à courir, il est cependant beaucoup moins fort de corps; il
est aussi bien moins sensible, et cependant plus craintif et
plus lâche; il n'a nulle vivacité, nulle activité dans l'ame;
celle du corps est moins un exercise, un mouvement volontaire
qu'une nécessité d'action causée par le besoin; ôtez lui la faim
et la soif, vous détruirez en même tems le principe actif de
tous ses mouvemens; il demeurera stupidement en repos sur ses
jambes ou couché pendant des jours entiers. Il ne faut pas aller
chercher plus loin à cause de la vie dispersée des sauvages
et de leur éloignement pour la société; la plus précieuse
étincelle du feu de la nature leur a été refusée; ils manquent
d'ardeur pour leur femelle, et par consequent d'amour pour
leur semblables; ne connoissant pas l'attachment le plus vif,
le plus tendre de tous, leurs autres sentimens de ce genre,
sont froids et languissans; ils aiment foiblement leurs pères
et leurs enfans; la société la plus intime de toutes, celle
de la même famille, n'a donc chez eux que de foibles liens;
la société d'une famille à l'autre n'en a point de tout; dès
lors nulle réunion, nulle république, nulle état social. La
physique de l'amour fait chez eux le moral des mœurs; leur cœur
est glacé, leur societé et leur empire dur. Ils ne regardent
leurs femmes que comme des servantes de peine ou des bêtes de
somme qu'ils chargent, sans ménagement, du fardeau de leur
chasse, et qu'ils forcent, sans pitié, sans reconnoissance,
à des ouvrages qui souvent sont au dessus de leurs forces;
ils n'ont que peu d'enfans; ils en out peu de soin; tout se
ressent de leur premier defaut; ils sont indifférents parce
qu'ils sont peu puissants, et cette indifference pour le sexe
est la tache originelle qui flétrit la nature, qui l'empeche
de s'épanouir, et qui detruisant les germes de la vie, coupe
en même temps la racine de société. L'homme ne fait donc point
d'exception ici. La nature en lui refusant les puissances
de l'amour l'a plus maltraité et plus rapetissé qu'aucun des
animaux."
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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