Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)Hutton, James
Science
Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)
Hutton, James
Geology -- Early works to 1800
«§ 911. Quant à la matière dont est composée cette grande et haute
montagne, toute sa cime et toute sa base, tant au centre que du côté du
nord-est, sont indubitablement de granit; mais le côté sud-ouest de la
base, ou le Mont-Broglia que nous avons vu de près, § 834, est d'une
pierre moins dure, mélangée de schorl, de feldspath, de mica, de quartz
gras et de pyrites.
«On voit très-bien du haut du Cramont que cette partie de la base n'est
point du granit; sa couleur est d'un brun rougeâtre, elle ne se termine
point par des arrêtes vives et nettes, n'est point composée de grandes
tables planes. Ce font cependant des feuillets pyramidaux, mais petits
et pressés les unes contre les autres; à mesure qu'ils s'approchent
du sommet, et par cela même du coeur de la montagne, ils perdent leur
couleur rouge, leurs angles deviennent plus vifs, leurs tables plus
grandes et plus planes, et enfin prés de la cime, et à la cime même, ce
sont de vrais granits parfaitement caractérisés. On peut donc conclure,
que le corps entier du Mont-Blanc, et même ces bases avancées du côté de
l'Italie, sont toutes de granit, excepté la base de l'arrête extérieure
du côté du sud-ouest.
«§ 912. La montagne qui touche le Mont-Blanc du côté du nord-est, et
qui, vue de Genève, forme en quelque maniere le premiere escalier en
descendant de la cime, est aussi composée de tables de granit qui
paroissent dirigées du nord-est au sud-ouest. Mais la sommité qui
suit celle-ci en tirant toujours au nord-est, et qui forme le second
escalier, paroît avoir quelques feuillets tournans autour de son corps
pyramidal, comme les feuillets d'un artichaux, et comme j'ai dépeint
l'aiguille du Midi, _tome_ I. _pl._ 6. En tirant plus encore au
nord-est, on reconnoît les Jorasses que nous avons vues du haut du
Taléfre, § 637, elles paroissent d'ici, après le Mont-Blanc et ses
escaliers, les sommités les plus élevées de toute cette chaîne, et elles
semblent résulter de l'assemblage de plusieurs suites de feuillets
pyramidaux convergents vers leur sommet. En général toutes les cimes
élevées que l'on peut distinguer dans cette chaine, depuis le Mont-Blanc
jusqu'au col Ferret, sont soutenues par des augives composées d'une ou
de plusieurs suites de feuillets pyramidaux appuyés les uns contre les
autres; les extérieures ont leurs bases dans le fond de la vallée, et
les intérieures remontent par degrés jusqu'au haut des cimes. Les deux
escaliers du Mont-Blanc sont les seules sommités qui n'aient pas des
augives de ce genre.
«§ 913. Je demande á present quelle idée on peut se faire de l'origine
de ces feuillets plans et de toutes ces pyramides grandes et petites
qui résultent de leur assemblage, si on ne les considère pas comme les
restes ou les noyaux les plus durs des couches qui out résisté aux
ravages du temps, tandis que les parties intermédiaires, qui les lioient
entr'elles, out été détruites par ces mêmes ravages.
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