A Selection from the Comedies of MarivauxMarivaux, Pierre Carlet de Chamblain de
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A Selection from the Comedies of Marivaux
Marivaux, Pierre Carlet de Chamblain de
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Eh! tant pis; ne le tourmente point; tu vois bien que j'ai raison de dire
qu'il faut aller doucement avec cet esprit-la, fu le vois bien. J'augurois
beaucoup de ce mariage avec Marton; je croyois qu'il m'oublieroit; et
point du tout, il n'est question de rien.
DUBOIS, _comme s'en allant_.[117]
Pure fable. Madame a-t-elle encore quelque chose a me dire?
ARAMINTE.
Attends: comment faire? Si, lorsqu'il me parle, il me mettoit en droit de
me plaindre de lui! Mais il ne lui echappe rien; je ne sais de son amour
que ce que tu m'en dis, et je ne suis pas assez fondee pour le renvoyer.
Il est vrai qu'il me facherait s'il parloit; mais il seroit a propos qu'il
me fachat.
DUBOIS.
Vraiment oui; monsieur Dorante n'est point digne de Madame. S'il etoit
dans une plus grande fortune, comme il n'y a rien a dire a ce qu'il est
ne,[118] ce seroit une autre affaire; mais il n'est riche qu'en merite, et
ce n'est pas assez.
ARAMINTE, _d'un ton comme triste_.
Vraiment non, voila les usages; je ne sais pas comment je le traiterai; je
n'en sais rien; je verrai.
DUBOIS.
Eh bien! Madame a un si beau pretexte... Ce portrait que Marton a cru etre
le sien, a ce qu'elle m'a dit.
ARAMINTE.
Eh! non, je ne saurois l'en accuser: c'est le Comte qui l'a fait faire.
DUBOIS.
Point du tout, c'est de Dorante,[119] je le sais de lui-meme, et il y
travailloit encore il n'y a que deux mois, lorsque je le quittai.
ARAMINTE.
Va-t'en; il y a longtemps que je te parle. Si on me demande ce que tu m'as
appris de lui, je dirai ce dont nous sommes convenus. Le voici, j'ai envie
de lui tendre un piege.
DUBOIS.
Oui, Madame, il se declarera peut-etre, et tout de suite je lui dirois:
"Sortez."
ARAMINTE.
Laisse-nous.
SCENE XIII.
DORANTE, ARAMINTE, DUBOIS.
DUBOIS, _sortant, et en passant aupres de Dorante et rapidement_.
Il m'est impossible de l'instruire; mais, qu'il se decouvre ou non, les
choses ne peuvent aller que bien.
DORANTE.
Je viens, Madame, vous demander votre protection; je suis dans le chagrin
et dans l'inquietude: j'ai tout quitte pour avoir l'honneur d'etre a vous,
je vous suis plus attache que je ne puis le dire; on ne sauroit vous
servir avec plus de fidelite ni de desinteressement; et cependant je ne
suis pas sur de rester. Tout le monde ici m'en veut, me persecute et
conspire pour me faire sortir, j'en suis consterne; je tremble que vous ne
cediez a leur inimitie pour moi, et j'en serois dans la derniere
affliction.
ARAMINTE, _d'un ton doux_.
Tranquillisez-vous; vous ne dependez point de ceux qui vous en veulent;
ils ne vous ont encore fait aucun tort dans mon esprit, et tous leurs
petits complots n'aboutiront a rien: je suis la maitresse.
DORANTE, _d'un air inquiet_.
Je n'ai que votre appui, Madame.
ARAMINTE.
Il ne vous manquera pas; mais je vous conseille une chose: ne leur
paraissez pas si alarme, vous leur feriez douter de votre capacite, et il
leur sembleroit que vous m'auriez beaucoup d'obligation de ce que je vous
garde.
DORANTE.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
A Selection from the Comedies of Marivaux — John Shaqi
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