A Year's Journey through France and Part of Spain, Volume 2 (1777)Thicknesse, Philip
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A Year's Journey through France and Part of Spain, Volume 2 (1777)
Thicknesse, Philip
France -- Description and travel; Spain -- Description and travel
De la folie aimable lot
Don plus brillant que la richesse,
Et que je nommerai sagesse
Si je ne craignois le fagot,
C'est toi que je chante ô Grelot!
Hochet heureux de tous les ages
L'homme est à toi dès le maillot,
Mais dans tes nombreux appanages
Jamais tu ne comptas le sot:
De tes sons mitigés le sage
En tapinois se rejouït
Tandis que l'insensé jouït
Du plaisir de faire tapage.
Plus envié que dédaigné
Par cette espece atrabilaire
Qui pense qu'un air refrogné
La met au dessus du vulgaire,
La privation de tes bienfaits
Seule fait naître sa satyre;
Charmante idole du François
Chez lui réside ton empire:
Tes détracteurs font les pedans,
Les avares et les amans
De cette gloire destructive
Qui peuple l'infernale rive,
Et remplit l'univers d'excès.
L'ambitieux dans son délire
N'eprouve que de noirs accès,
Le genre-humain seroit en paix,
Si les conquérans savoient rire.
Contre ce principe évident
C'est en vain qu'un censeur declame,
Le mal ne se fait en riant.
Si de toi provient l'epigrame,
Son tour heureux ne'est que plaisant
Et ne nuit jamais qu'au méchant
Que sa conscience décèle.
Nomme t-on la rose cruelle
Lorsqu'un mal-adroit la cueillant
Se blesse lui-même au tranchant
De l'epine qu'avec prudence
Nature fit pour sa défense.
Tes simples et faciles jeux
Prolongent dit-on notre enfance
Censeur, que te faut-il de mieux!
Des abus, le plus dangereux,
Le plus voisin de la démence
Est de donner trop d'importance
A ces chiméres dont les cieux
Ont composé notre existence
Notre devoir est d'être heureux
A moins de frais, à moins de voeux
De l'homme est toute la science.
Par tes sons toujours enchanteurs
Tu fais fuir la froide vieillesse
Ou plutôt la couvrant de fleurs
Tu lui rends l'air de la jeunesse.
Du temps tu trompes la lenteur,
Par toi chaque heure est une fête
_Démocrite_ fut ton Docteur
_Anacréon_ fut ton Prophête;
Tous deux pour sages reconnus,
L'un riant des humains abus
Te fit sonner dans sa retraite
L'autre chantant à la guingette
Te donna pour pomme à _Venus_
Après eux ma simple musette
T'offre ses accens ingénus
Charmant Grelot, sur ta clochette
Je veux moduler tous mes vers,
Sois toujours la douce amusette
Source de mes plaisirs divers
Heureux qui te garde en cachette
Et se passe l'univers.
_Le Printems._
Epitre à Mons. D----
Déjà dans la plaine
On ressent l'haleine
Du léger Zephir;
Déja la nature
Sourit au plaisir,
La jeune verdure
A l'eclat du jour
Oppose la teinte
Que cherit l'amour
Fuyant la contrainte,
Au pied des ormeaux;
Ma muse naïve
Reprend ses pipeaux;
Sur la verte rive
Aux tendres echos
Elle dit ces mots.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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