A Year's Journey through France and Part of Spain, Volume 2 (1777)Thicknesse, Philip
History
A Year's Journey through France and Part of Spain, Volume 2 (1777)
Thicknesse, Philip
France -- Description and travel; Spain -- Description and travel
Aux froids climats de l'ourse, et dans ceux du midi,
L'homme toujours le même est vain, foible, et crédule,
Sa devise est partout _Sottise et Ridicule_.
Le célébre Chinois, le François étourdi
De la raison encore n'ont que le crepuscule
Jadis au seul hazard donnant tout jugement,
Par les effets cuisans du fer rougi qui brule
On croyoit discerner le foible et l'innocent;
A Siam aujourd'hui pareille erreur circule,
Et l'on voit même esprit sous une autre formule:
Quand quelque fait obscur tient le juge en suspens
On fait aux yeux de tous à chaque contendant
D'Esculape avaler purgative pillule,
Celui dont l'estomac répugne à pareil mets
Est réputé coupable et paye tous les frais.
Du pauvre genre-humain telles sont les annales:
Rome porta le deuil de l'honneur des vestales,
Du Saint Pere à présent, elle baise l'ergot:
Plus gais, non plus sensés dans ce siécle falot
Nous choisissons au moins l'erreur la plus jolie:
De l'inquisition, le bal, la comédie
Remplacent parmi nous le terrible fagot;
Notre légéreté détruit la barbarie
Mais nous n'avons encore que changé de folie.
ENVOI A MON MARI.
Tandis, mon cher, que tes travaux
Me procurent ce doux repos.
Et cette heureuse insouciance
But incertain de l'opulence;
Mon ame l'abeille imitant
Aux pays d'esprit élancée
Cueille les fleurs de la pensée
Et les remet aux sentiment.
Mais helas! dans ce vaste champ
En vain je cherche la sagesse,
Près de moi certain Dieu fripon
Me fait quitter l'école de _Zenon_
Pour le charme de la tendresse;
"L'homme est crée pour être bon
Et non savant, dit il, qu'il aime,
Du bonheur c'est le vrai systême"
Je sens, ma foi, qu'il a raison.
DESCRIPTION
_De la terre dans laquelle j'habitois, adressée à un homme très
respectable que j'appellois mon Papa._
Que vous êtes aimable, mon cher Papa, de me demander une description de
ma solitude. Votre imagination est gênée de ne pouvoir se la peindre.
Vous voulez faire de _Courcelles_ une seconde étoile du matin, et y lier
avec moi un de ces commerces d'ames réservés aux favoris de Brama. Votre
idée ne me perdra plus de vue, j'en ferai mon génie tutélaire. Je
croirai à chaque instant sentir sa présence, ah! elle ne peut trop tôt
arriver, montrons lui donc le chemin.
Quittant votre cité Rhémoise,
Ville si fertil en bons Vins,
En gras moutons, en bons humains,
Après huit fois trois mille toises
Toujours suivant le grand chemin,
On découvre enfin le village
Où se trouve notre hermitage.
Là rien aux yeux du voyageur
Ne presente objet de surprise,
Petit ruisseau, des maisons, une Eglise
Tout à côté la hutte du Pasteur;
Car ces Messieurs pour quelques Patenôtres.
Pour un surplis, pour un vêtement noir
En ce monde un peu plus qu'en l'autre
Ont droit près du bon dieu d'établir leur manoir.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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