A Year's Journey through France and Part of Spain, Volume 2 (1777)Thicknesse, Philip
History
A Year's Journey through France and Part of Spain, Volume 2 (1777)
Thicknesse, Philip
France -- Description and travel; Spain -- Description and travel
Un Poëte de nos cantons a dit assez plaisamment en parlant de ceci.
Sur les bords de la Vesle est un château charmant
N'allez pas chicaner, Lecteur impertinent)
(Le bâtiment à part, la Dame qui l'habite
Par ses rares vertus en fait tout le mérite.
Vous verrez tout-à l'heure s'il avoit raison.
Je ne m'arrêterai point à vous peindre la ferme quoi qu'elle tienne au
château, ni l'attirail des animaux de toute espèce qu'elle renferme.
Ces spectacles vraiment rustiques
Offrent pourtant plus de plaisirs
A des regards philosophiques,
Que ce que l'art et les desirs
De notre insatiable espèce
Inventent tous les jours aidés par la mollesse.
Je vous ferai entrer tout de suite dans une grande cour de gazon où
effectivement je voudrois bien vous voir. Deux manieses de Perrons y
conduisent, l'un aux appartemens, l'autre à la cuisine. Commençons par
ce dernier quoique ce ne soit pas trop la coutume.
Là chaque jour, tant bien que mal,
On apprete deux fois un repas très frugal,
Mais que l'appétit assaisonne.
Loin, bien loin, ces bruyans festins,
Toujours suivis des médecins
Où le poison dans cent ragoûts foisonne
Nous aimons mieux peu de mets bien choisis
De la Santé, moins de plats, plus de ris.
Voilà notre devise, mon cher Papa, je crois qu'elle est aussi la vôtre;
notre réz de chaussée consiste en cuisine, office, salle à manger,
chambre et cabinets, rien de tout cela n'est ni élegant ni commode.
Nos devanciers fort bonnes gens
N'entendoient rien aux ornemens
Et leurs désirs ne passoient guére
Les bornes du seul necessaire.
Ils étoient plus heureux et plus sages que nous, car la vraie sagesse
n'est autre chose que la modération des desirs. D'après cette
definition on pourroit, je crois, loger tout notre siécle aux petites
maisons. Ce qu'il y a de plus agréable dans la notre est la vuë du grand
chemin.
De ce chemin où chacun trotte
Où nous voyons soirs et matins
Passer toute espece d'humains;
Tantôt la gent portant calote,
Et tantôt de jeunes plumets,
Les rusés disciples d'Ignace
Puis ceux de la grace efficace,
Des piétons, des cabriolets
Tant d'Etres à deux pieds, sots, et colifichets,
Enfin cent sortes d'équipages
Et mille sortes de visages.
Ce tableau mouvant est par fois fort récréatif, il me paroit assez
plaisant d'y juger les gens sur la mine, et de deviner leur motif, et le
sujet de leurs courses.
Mais, Papa, qu'il est consolant
Voyant leurs soins et leur inquiétude
De jouir du repos constant
Qu'on goute dans la solitude.
A dire vrai, le spectacle du grand chemin, est celui qui m'occupe le
moins; j'aime mille fois mieux nos promenades champêtres; avant de yous
y conduire, il faut en historien fidelle vous rendre compte de notre
chaumiére.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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