A Year's Journey through France and Part of Spain, Volume 2 (1777)Thicknesse, Philip
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A Year's Journey through France and Part of Spain, Volume 2 (1777)
Thicknesse, Philip
France -- Description and travel; Spain -- Description and travel
Vous croyez peut-être trouver un premier étage au dessus de la façade
dont je vous ai parlé? Point du tout. Ne vous ai-je pas dit que nos
péres préferoient l'utile à l'agréable: aussi ont ils mieux aimé
construire de grands greniers que de jolis appartemens; mais en revanche
ils out jetté quantité de petites mansardes sur un autre côté du logis.
Ce dernier donne sur un verger qui fait mes délices, il est précédé d'un
petit parterre, et finit par un bois charmant.
Une onde toujours claire et pure
Y vient accorder souo murmure
Au son mélodieux de mille et mille oiseaux
Que cachent en tous tems nos jeunes arbrisseaux.
C'est là que votre fille se plait à rêver à vous, mon cher Papa, c'est
dans ce réduit agréable qu'elle s'occupe tour à tour de morale et de
tendresse.
_Epictete, Pope, Zénon._
Et _Socrate_, et surtout l'ingenieux _Platon_,
Viennent dans ces lieux solitaires
Me prêter le secours de leurs doctes lumiéres:
Mais plus souvent la soeur de l'enfant de Cypris
Ecartant sans respect cette foule de sages
Occupe seule mes esprits
En y gravant de mes amis
Les trop séduisantes images.
Je n'entreprendrai pas de vous peindre nos autres promenades, elles sont
toutes charmantes; un paysage coupé, quantité de petits bosquets, mille
jolis chemins, nous procurent naturellement des beautés auxquelles l'art
ne sauroit atteindre.
La Vesle borde nos prairies
Sur sa rive toujours fleurie
Regne un doux air de bergerie
Dangereux pour les tendres coeurs.
Là, qui se sent l'ame attendrie
S'il craint de l'amour les erreurs
Doit vite quitter la partie.
Quittons la donc, mon cher Papa; aussi bien ai-je seulement oublié de
vous montrer la plus piéce de l'hermitage. C'est un canal superbe. Il a
cent vingt toises de long sur douze de large, une eau courante et
crystalline en rend la surface toujours brillante, cest la digne embléme
d'un coeur ami, jugez si cette vuë me fait penser à vous.
De grands potagers terminent l'enclos de la maison. Si j'étois méchante
je continuerois ma description, et ne vous ferois pas grace d'une
laitue, mais je me contenteraide vous dire que le ciel fit sans doute ce
canton pour des Etres broutans. Si les Israëlites en eussent mangé
jadis, ils n'auroient ni regretté l'Egypte ni desiré la terre promise.
Voilà mon cher Papa une assez mauvaize esquisse du pays Courcellois.
L'air m'en seroit plus doux et le ciel plus serein
Si quelque jour, moins intraitable
Et se laissant flechir, le farouche Destin
Y conduisoit ce _trio_ tant aimable
Que j'aime, et chérirai sans fin
Mais las! j'y perds tout mon latin,
Et ce que de mieux je puis faire
Est d'espérer et de me taire
* * * * *
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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