Adventures of the Ojibbeway and Ioway Indians in England, France, and Belgium; Vol. 1 (of 2): being Notes of Eight Years' Travels and Residence in Europe with his North American Indian CollectionCatlin, George
History
Adventures of the Ojibbeway and Ioway Indians in England, France, and Belgium; Vol. 1 (of 2): being Notes of Eight Years' Travels and Residence in Europe with his North American Indian Collection
Catlin, George
England -- Description and travel; France -- Description and travel; Indians of North America
M. Catlin a donc rapporté de son voyage aux Montagnes Rocheuses quatre
à cinq cents toiles, portraits ou paysages, tous peints d'après
nature. Parmi ces portraits, il y a des figures d'une beauté, d'une
élégance superbes. Il y a des profils, le croirait-on, qui rappellent
le type grec ou l'Antinoüs. Bien plus, dans les scènes de danse ou
de combat, dans les fêtes ou les assemblées de tribus, on remarque
tres souvent des personnages dont la pose, l'attitude, le geste,
ressemblent tout-à-fait à l'antique. Cela n'est pas, d'ailleurs, si
surprenant pour qui veut réflechir au caractère de la beauté antique.
Qu'est-ce donc qui distingue l'art grec entre tous les arts? n'est-ce
pas la simplicité et le naturel? Les artistes grecs avaient le bonheur
de trouver d'abord autour d'eux toutes les conditions premières de
race, de climat, de civilisation, qui favorisent le développement
de la beauté; et secondement, ils laissaient faire la nature et ne
torturaient jamais le mouvement de leur modèle. Il n'y a dans toute la
statuaire grecque que cinq ou six poses peut-être qui sont le type de
tous les autres mouvemens. Les hommes rapprochés de la nature ne se
tortillent pas comme les civilisés. Le calme est d'ordre naturel; et
c'est là un des premiers élémens de la beauté antique qu'on retrouve
dans la _beauté sauvage_.
Les paysagistes pourraient bien aussi étudier avec profit la peinture
facile et vraie de M. Catlin qui n'est pourtant initié à aucun des
procédés scabreux de l'art civilisé. M. Catlin peint tranquillement du
premier coup, en mettant un ton juste et franc à côté d'un autre, et il
ne paraît pas qu'il revienne jamais ni par glacis ni par empâtement.
Mais son sentiment est si vif et en quelque sorte si sincère, son
exécution si naïve et si spontanée, que l'effet, vu juste, est rendu
juste. Il a fait ainsi des ciels d'une transparence et d'une lumière
bien difficile à obtenir, même pour les praticiens les plus habiles
des lointains d'une finesse rare et bien balancés entre la terre et
le ciel. En présence de cette nature toute nouvelle, de ces formes
singulières du pays, de cette couleur du ciel et des arbres, si
originale, un peintre de profession se serait bien tourmenté pour
exprimer toutes ces belles choses, et il y aurait sans doute mis
beaucoup trop de ses préjugés et de sa personnalité civilisée. Il est
très heureux que M. Catlin ait été seulement assez peintre pour faire
tout bonnement sur la toile ce qu'il voyait, sans parti pris d'avance
et sans convention européenne. Nous avons ainsi des steppes dont nous
ne nous faisions pas une image, des buffles prodigieux, des chasses
fantastiques, et une foule d'aspects et de scènes plus intéressantes
l'une que l'autre. Ici, c'est un marais vert tendre, entouré d'arbres
sveltes et légers. Là, c'est la plaine infinie avec ses grandes herbes
mouvantes comme les vagues d'une mer sans repos, et l'on aperçoit une
course diabolique de quelques animaux dont on a peine à distinguer
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