Depuis 1835, de graves écarts out été commis en industrie; on a
fait plus d’un faux pas. L’industrie Cotonnière s’est abstenue de
toute extravagance. Elle ne s’est pas laissé émouvoir; et se tenant
soigneusement en dehors de tout calcul d’agiotage, elle est restée
attachée aux principes de morale qui seuls fécondent le travail. Elle
ne s’est trouvée mêlée à toute cette agitation que pour voir renchérir
tous les objets de première nécessité.
Cependant une crise est arrivée. Dans ce moment critique pour le pays,
l’Industrie Cotonnière a su encore conserver une assez bonne attitude.
Au milieu de nombreuses catastrophes, ceux de ses établissements qui
marchaient encore sont restés debout. Les hommes qui se sont conduits
ainsi n’étaient assurément pas des industriels incapables.
Mais à la suite de ces circonstances calamiteuses et nonobstant tous
les préparatifs qu’en hommes prévoyants ils avaient saits pour tenir
tête à l’orage, ils se sentent aujourd’hui lentement et douloureusement
minés par le mal contre lequel, tant de fois déjà depuis 1830, ils out
lutté avec plus de constance que de succès.
Ils se sentent dominés, écrasés par l’industrie étrangère. Le marché
intérieur chaque jour leur échappe et chaque jour aussi se resserre
devant eux l’espace qui leur restait au dehors pour écouler leurs
produits.
Par là se trouve pleinement confirmée la déclaration parlementaire de
1835 que l’Industrie Cotonnière n’est pas suffisamment protégée, que la
législation douanière est insuffisante.
Veuillez prendre la peine, Messieurs, de réfléchir sur la situation de
l’Industrie Cotonnière et vous reconnaîtrez ce qu’elle a de singulier
et à première vue d’inexplicable. Nous sommes tout aussi habiles
que nos concurrents de l’étranger; la situation topographique de la
Belgique est avantageuse; à certains égards, nous pourrions travailler
avec autant ou plus d’économie que beaucoup d’industriels d’autres
contrées; et cependant, si l’on ne doit rien changer à l’état de
choses actuel, il nous est bien décidément impossible de soutenir la
concurrence. La lutte nous deviendra mortelle à la longue.
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