Collections and RecollectionsRussell, George William Erskine
History
Collections and Recollections
Russell, George William Erskine
England -- Social life and customs -- 19th century
Il y a une autre différence entre les deux groupes de mémoires en
question. Les nôtres ont trait pour la plupart à une époque que beaucoup
de gens considèrent comme un apogée, de sorte que, pour le lecteur, ils
apportent plutôt un sentiment de découragement. "Voilà ce qu'ils
firent," se dit-il: "et nous?..." Car ce qu'on est convenu d'appeler
"les gloires" napoléoniennes du début du siècle ne suffit pas, hélas, à
effacer la tache--non moins napoléonienne--de 1870. Ce sentiment, le
lecteur anglais ne l'éprouve pas à lire les mémoires qui lui sont
offerts, et qui, s'ils ne racontent pas, d'habitude, des exploits
guerriers, relatent les phases principales d'une lente évolution, d'un
progrès très réel dans les moeurs, dans la culture et dans
l'amélioration sociale générale.
Quel était l'auteur du plus récent volume de souvenirs, _Collections and
Recollections_, publié par MM. Smith, Elder et C'ie, à Londres, on
l'ignora quelques semaines. Maintenant il n'y a plus de doute: l'auteur
s'est fait connaître; c'est M.G.W.E. Russell. Sa personnalité importait
assez peu d'ailleurs: car ce n'est lui-même qu'il raconte: ce sont ses
contemporains et les faits dont il a été témoin. Mais M. Russell est un
homme de culture, qui a beaucoup approché de notabilités politiques et
littéraires, et a su les écouter parler, saisissant plus volontiers le
côté humoristique ou anecdotique de leurs propos. Son livre est amusant
et instructif à la fois: et il met bien en lumière, dans les premiers
chapitres en particulier, l'évolution dont il était parlé plus haut, la
transformation graduelle que les moeurs anglaises ont subie depuis le
commencement du siècle.
Ce n'est point que l'auteur soit centenaire, d'ailleurs. Il nous le dit
expressément: ses souvenirs personnels remontent à 1856 seulement: mais
il a beaucoup vu de vieilles gens, il a pris note de leurs récits, et
c'est par ces récits qu'il est facile de mesurer le chemin parcouru.
Ils confirment ce qu'on savait déjà de la grossièreté des moeurs à une
époque encore récente. Du reste l'exemple venait de haut, et la famille
royale ne pouvait en imposer ni par la tenue, ni par la moralité.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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