Contes et légendes. 1re PartieGuerber, H. A. (Hélène Adeline)
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Contes et légendes. 1re Partie
Guerber, H. A. (Hélène Adeline)
Fairy tales -- France; French language -- Readers; Legends -- France
Le lendemain avant de partir de nouveau pour toute la journée le géant
dit à Yvon: "Allez à la montagne, attrapez mon cheval noir et mettez-le
à l'écurie. Je veux m'en servir demain. Mais n'allez pas dans ma maison,
et ne cherchez pas à découvrir ma Finette!"
"Ah, mon maître," dit Yvon, "vous parlez toujours de mafinette.
Qu'est-ce que c'est que mafinette?"
Le géant ne répondit pas et partit, mais aussitôt qu'il fut hors de vue
Yvon courut joyeusement dans la maison pour voir Finette, qu'il aimait
déjà beaucoup. Finette lui demanda ce que le géant lui avait donné à
faire.
"Oh!" dit Yvon négligemment, "c'est quelque chose de très facile. Il m'a
dit d'aller à la montagne attraper son cheval, de le ramener et de le
mettre à l'écurie. Il veut s'en servir demain."
"Oh!" dit Finette, "ce n'est pas aussi facile que vous pensez, mon cher
Yvon, car le cheval du géant est immense, et de sa bouche et de ses
narines jaillit un feu dévorant qui tue toutes les personnes qui
l'approchent."
"Très-bien!" dit le jeune homme, "je n'irai pas à la montagne, car je
n'ai nulle envie de mourir!"
"Oh!" dit Finette, "si vous prenez la bride magique suspendue derrière
la porte de l'écurie, le cheval sera docile comme un agneau, et vous
pourrez le brider et le monter sans danger."
Yvon remercia la jeune fille de ses bons conseils, et après avoir causé
avec elle presque toute la journée, il alla chercher la bride magique,
et partit pour la montagne. Arrivé là, il entendit bientôt un bruit,
comme le tonnerre, et il vit venir au grand galop un cheval monstre, de
la bouche et des narines duquel jaillissait un feu dévorant.
Yvon, qui n'avait peur de rien, secoua la bride, et le coursier vint
s'agenouiller devant lui, doux comme un agneau. Yvon brida le cheval
sans peine, monta sur son dos, retourna à la maison et le mit à
l'écurie.
Cela fait, il alla s'asseoir sur le banc, devant la porte, et quand il
vit venir le géant, il se croisa les jambes, ferma les yeux et commença
à siffler.
Le géant s'approcha, et lui dit avec colère: "Eh bien, paresseux,
pourquoi n'avez-vous pas fait ce que je vous ai commandé?"
"C'est fait, mon maître, votre cheval est à l'écurie, et c'est une bien
gentille bête, allez!"
"Mon cheval une gentille bête!" s'écria le géant avec surprise, et il
courut à l'écurie pour voir si c'était vraiment son cheval que le jeune
homme avait ramené de la montagne.
Il revint en quelques minutes en grommelant: "Misérable, vous n'avez pas
fait ceci tout seul. Quelqu'un vous a aidé. Vous avez vu ma Finette."
"Mafinette, mafinette!" dit Yvon. "Vous parlez toujours de mafinette,
mon maître; qu'est-ce donc que mafinette?"
"Vous ne saurez que trop tôt," dit le géant, et il alla se coucher.
Le lendemain, avant de partir, il dit à Yvon: "Yvon, allez aujourd'hui à
l'abîme sans fond, toucher mes revenus!"
"Très-bien!" dit Yvon, sans paraître le moins du monde surpris, et le
géant partit.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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