Contes et légendes. 1re PartieGuerber, H. A. (Hélène Adeline)
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Contes et légendes. 1re Partie
Guerber, H. A. (Hélène Adeline)
Fairy tales -- France; French language -- Readers; Legends -- France
Il plongea de nouveau la cuillère dans la soupe, et retira un bas. Il
trouva les bas, les souliers, les pantalons, la chemise, la veste,
l'habit, le chapeau; il trouva les navets et tous les autres légumes,
mais il ne trouva pas de viande fraîche. Il comprit enfin qu'Yvon et
Finette s'étaient échappés, et il se mit à leur poursuite. Il courait si
vite avec ses longues jambes que bientôt il vit les fugitifs qui se
dirigeaient vers la mer.
Finette vit aussi le géant; elle jeta le boulet de cuivre à terre, et
dit: "Boulet, sauvez-moi!"
À l'instant la terre s'ouvrit, et un grand précipice parut entre le
géant et les fugitifs, qui fuyaient toujours. Le géant, furieux de
trouver cet obstacle, arracha un grand arbre, le jeta en travers du
précipice, et se mit à califourchon pour passer de l'autre côté.
Il arriva enfin de l'autre côté, et continua la poursuite. Pendant ce
temps, Yvon et Finette étaient arrivés au bord de la mer, mais il n'y
avait pas de vaisseau en vue. Finette prit un boulet d'argent, le jeta à
la mer en disant: "Boulet, sauvez-moi!" et au même instant parut un
vaisseau, dans lequel Yvon et Finette s'embarquèrent promptement, et qui
fit voile aussitôt.
Le géant arriva à la plage (au bord de la mer) à cet instant, et plongea
dans l'eau pour saisir le bateau.
Alors Finette jeta le second boulet d'argent en disant: "Boulet,
sauvez-moi." Au même instant parut un poisson, un poisson monstre. Le
géant vit le poisson. Il eut peur, et il retourna vite à terre pendant
qu'Yvon et Finette s'éloignaient rapidement.
"Nous sommes sauvés," dit Yvon avec joie.
"Ah!" dit Finette, "ce n'est pas encore sûr. Le géant a une tante qui
est sorcière; elle essaiera de nous faire du mal, et je ne serai pas
tranquille jusqu'à ce que nous soyons mariés dans l'église du château de
Kerver, car jusqu'alors elle peut exercer son pouvoir sur nous."
Yvon consola Finette. Le voyage fut très agréable, et les jeunes gens
débarquèrent enfin près du château de Kerver. Le vaisseau disparut
aussitôt, et Yvon dit à Finette:
"Ma chère amie, vous êtes la plus belle et la plus charmante des femmes;
il n'est donc pas convenable que vous entriez dans la maison de mon père
à pied et ainsi vêtue. Attendez-moi ici. J'irai au château chercher une
belle robe et un bon cheval, et alors vous pourrez vous présenter d'une
façon convenable."
Finette objecta; elle dit qu'elle avait peur, mais Yvon insista tant
qu'elle consentit enfin à le laisser partir. Elle lui fit promettre
cependant qu'il ne s'arrêterait pas en route, qu'il ne mangerait pas et
ne boirait pas avant de revenir la chercher.
Yvon partit, et Finette resta seule au bord de la mer pour attendre son
retour. Le jeune homme arriva bientôt au château de son père. Il y
trouva une grande société, car une de ses soeurs se mariait. On le reçut
avec joie, mais il refusa de s'arrêter, courut à la chambre de ses
soeurs chercher une belle robe, alla à l'écurie, prit deux chevaux, et
se prépara à partir.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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