Contes et légendes. 1re PartieGuerber, H. A. (Hélène Adeline)
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Contes et légendes. 1re Partie
Guerber, H. A. (Hélène Adeline)
Fairy tales -- France; French language -- Readers; Legends -- France
Il y avait une fois un homme, bien pauvre, qui avait deux fils Jozka et
Janko. L'aîné (=le plus âgé) de ces deux fils était très intelligent, et
un jour son père lui dit:
"Jozka, il est temps d'aller faire ton tour d'apprentissage."
Le jeune homme, qui était très content de voyager, reçut la bénédiction
de son père, quelques gâteaux de sa mère, et partit gaiement. Il marcha
longtemps, il traversa une montagne sombre, et il arriva enfin dans une
prairie.
Comme il avait faim, il prit un des gâteaux que sa bonne mère lui avait
donnés, et commença à le manger de bon appétit. Les fourmis arrivèrent
aussitôt, et crièrent au jeune homme:
"Donne-nous un bien petit morceau de ton bon gâteau!"
Mais Jozka était gourmand et égoïste, et il refusa de leur en donner
même les miettes. Les fourmis, très désappointées, dirent alors:
"Tu n'es certainement pas généreux, Jozka, et nous ne viendrons jamais à
ton secours quand tu seras dans la misère."
Jozka ne fit aucune attention à cette menace, il finit tranquillement
son repas et continua son voyage. Il arriva bientôt au bord d'une
rivière, et vit un pauvre petit poisson qui avait sauté hors de l'eau,
sur le rivage, et qui s'efforçait vainement de rentrer dans son élément
liquide. Il demanda du secours à Jozka, qui lui donna un coup de pied au
lieu de l'aider.
"Méchant," dit le poisson, "nous ne t'aiderons jamais."
Jozka ne fit pas attention au poisson, et continua son chemin. Enfin il
arriva à un carrefour. Là des diables se disputaient et se battaient. Le
jeune homme les regarda tranquillement et ne fit rien pour les séparer.
Les diables lui crièrent:
"Tu es un égoïste, Jozka, et rien ne te réussira dans ce monde."
Cette prédiction se vérifia bientôt, et Jozka, fatigué de voyager sans
profit, retourna chez son père où son frère cadet (= plus jeune) lui fit
des reproches, parce qu'il n'apportait rien à la maison.
Le père décida alors qu'il était temps d'envoyer Janko dans le monde, et
il lui donna une petite bouteille, qui contenait une eau magique qui
guérissait toutes les maladies. La mère lui donna une miche de pain, et
il partit gaiement.
Il marcha droit devant lui, traversa la même montagne sombre que son
frère avait traversée, et arriva dans la même prairie.
Comme il avait bien faim, il s'assit sous un arbre, prit un morceau de
pain et commença à manger de grand appétit.
Les fourmis arrivèrent aussitôt, en criant: "Nous avons faim aussi,
donne-nous un peu de ton pain."
"Avec le plus grand plaisir," dit Janko, qui était bon et généreux, et
il coupa un morceau de pain qu'il émietta pour les fourmis.
Elles étaient si reconnaissantes qu'elles le remercièrent bien des fois
et dirent aussi:
"Bon Janko, nous viendrons à ton secours."
Janko continua sa route. Il arriva près d'un lac. Là il vit un pauvre
petit poisson sur le rivage. Il le prit, et le mit dans l'eau en disant:
"Pauvre petit poisson, tu es fait pour vivre dans l'eau, et non sur la
terre."
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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