Contes et légendes. 1re PartieGuerber, H. A. (Hélène Adeline)
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Contes et légendes. 1re Partie
Guerber, H. A. (Hélène Adeline)
Fairy tales -- France; French language -- Readers; Legends -- France
L'alouette s'envola, laissa tomber la feuille sur la tête du dragon, et
à l'instant même le dragon et le berger tombèrent à terre. Quand le
berger revint à lui, il vit qu'il était sur la montagne, et au bout de
quelques minutes il s'aperçut qu'il avait eu un mauvais rêve, car son
chien était à côté de lui, les moutons autour de lui, et c'était en
automne tout comme quand il s'était endormi quelques heures avant.
LES DEUX AUMÔNES.[24]
[Note 24: This story is adapted from a legend published in "Le
Magasin Pittoresque," a popular French periodical.]
Une pauvre vieille femme était assise au bord de la route. Elle avait
froid, car la neige tombait; et elle avait faim, car elle n'avait rien
mangé de toute la journée. Elle était assise là, et elle attendait
patiemment, espérant qu'un voyageur compatissant lui donnerait un peu
d'argent pour acheter du pain et du bois pour faire un peu de feu dans
sa pauvre petite maison où il faisait si froid.
Le premier homme qui passa la regarda avec compassion, et dit: "Pauvre
femme, voilà un temps bien dur pour mendier sur la route. Dieu vous
assiste," et il continua son chemin, d'un pas rapide, sans lui donner un
seul sou, car il avait de gros gants, et il aurait été obligé de les
ôter pour mettre la main dans sa poche. Il aurait eu froid aux doigts en
déliant les cordons de sa bourse, et il n'eut pas le courage de
s'arrêter.
La pauvre vieille femme, toute désappointée qu'elle était, remercia
cependant le voyageur de ses bonnes paroles, et quand il lui dit: "Dieu
vous assiste!" elle répondit: "Merci bien, mon bon monsieur, Dieu vous
le rende."
Peu de temps après un second voyageur passa en voiture. Il était tout
enveloppé dans une ample fourrure, il vit la pauvre femme, et, touché de
sa misère, il mit une main dans sa poche et de l'autre baissa la fenêtre
de la voiture.
"Oh!" dit-il, "quel terrible froid!" et il appela la pauvre vieille
femme, qui arriva aussi vite que possible. Il lui tendit l'argent et
s'aperçut seulement alors qu'il s'était trompé, et que c'était une pièce
d'or et non pas la petite pièce blanche qu'il pensait donner. "C'est
beaucoup trop!" dit-il, et il allait retirer la main, mais le froid lui
fit lâcher la pièce d'or, qui tomba dans la neige.
Il ferma la fenêtre, la voiture repartit et il se dit philosophiquement:
"C'est trop, mais enfin je suis bien riche, et je puis me payer la
fantaisie de faire une bonne action de temps en temps."
La pauvre mendiante, à genoux dans la neige, cherchait la pièce d'or, et
ses mains froides fouillaient sans cesse, car la malheureuse femme était
non seulement pauvre et âgée, mais elle était aussi aveugle.
Pendant ce temps l'homme riche était rentré chez lui. Assis devant un
bon feu, après avoir bien dîné, il dit:
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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