Comparative literature; Degeneration; Europe -- Intellectual life
To complete the portrait of this mind, let us cite two more of his
peculiarities. He suffers first from images of perpetual anguish, as
his piece testifies (_Le Gouffre_), which is valuable as a confession:
‘... Tout est abîme,--action, désir, rêve,
Parole! et sur mon poil qui tout droit se relève
Mainte fois de la peur je sens passer le vent.
‘En haut, en bas, partout, la profondeur, la grève,
Le silence, l’espace affreux et captivant...
Sur le fonde de mes nuits, Dieu, de son doigt savant,
Dessine un cauchemar multiforme et sans trêve.
‘J’ai peur du sommeil comme on a peur d’un grand trou,
Tout plein de vague horreur, menant on ne sait où;
Je ne vois qu’infini par toutes les fenêtres,
‘Et mon esprit, toujours du vertige hanté,
Jalouse du néant l’insensibilité.’
Baudelaire describes here accurately enough that obsession of
degenerates which is called ‘fear of abysses’ (cremnophobia).[281]
His second peculiarity is his interest in scents. He is attentive to
them, interprets them; they provoke in him all kinds of sensations
and associations. He expresses himself thus on this subject in
_Correspondances_:
‘Les parfums, les couleurs, et les sons se répondent.
‘Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
--Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
‘Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.’
He loves woman through his sense of smell ... (‘Le parfum de tes
charmes étranges,’ _A une Malabaraise_), and never fails, in describing
a mistress, to mention her exhalations.
_Parfum exotique_:
‘Quand les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne,
Je respire l’odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu’eblouissent les feux d’un soleil monotone.’
_La Chevelure_:
‘O toison, moutonnant jusque sur l’encolure!
O boucles! O parfum chargé de nonchaloir!...
‘La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique!’
Naturally, instead of good odours, he prefers the perfumes which affect
the healthy man as stinks. Putrefaction, decomposition and pestilence
charm his nose.
_Le Flacon_:
‘Il est de forts parfums pour qui toute matière
Est poreuse. On dirait qu’ils pénètrent le verre...
Parfois on trouve un vieux flacon qui se souvient,
D’où jaillit toute vive une âme qui revient.
‘Voilà le souvenir enivrant qui voltige
Dans l’air troublé; les yeux se ferment; le vertige
Saisit l’âme vaincue et la pousse à deux mains
Vers un gouffre obscurci de miasmes humains;
‘Il la terrasse au bord d’un gouffre séculaire,
Où, Lazare odorant déchirant son suaire,
Se meut dans son réveil le cadavre spectral
D’un vieil amour ranci, charmant et sepulcral.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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