Fors Clavigera (Volume 5 of 8): Letters to the workmen and labourers of Great BritainRuskin, John
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Fors Clavigera (Volume 5 of 8): Letters to the workmen and labourers of Great Britain
Ruskin, John
Aesthetics; Conduct of life; Great Britain -- Social conditions -- 19th century; Social problems; Working class -- Great Britain
I find the following lovely little scene translated into French from
the Dutch, (M. J. Rigeveld, Amsterdam, C. L. Brinkman, 1875,) in a
valuable little periodical for ladies, ‘l’Espérance,’ of Geneva, in
which the entirely good purpose of the editor will, I doubt not, do
wide service, in spite of her adoption of the popular error of the
desirability of feminine independence.
“A PROPOS D’UNE PAIRE DE GANTS.
“‘Qu’y a-t-il, Elise?’ dit Madame, en se tournant du côté d’une fenêtre
ouverte, où elle entend quelque bruit. ‘Oh! moins que rien, maman!’
répond sa fille aînée, en train de faire la toilette des cadets, pour
la promenade et le concert. ‘Ce que c’est, maman?’ crie un des petits
garçons, ‘c’est que Lolotte ne veut pas mettre des gants.’ ‘Elle dit
qu’elle a assez chaud sans cela,’ reprend un autre, ‘et qu’elle ne
trouve pas même joli d’avoir des gants.’ Et chacun de rire. Un des
rapporteurs continue: ‘Elise veut qu’elle le fasse par convenance; mais
Lolotte prétend que la peau humaine est plus convenable qu’une peau de
rat.’ Cette boutade excite de nouveau l’hilarité de la compagnie.
‘Quelle idée, Lolotte,’ dit son père d’un ton enjoué: ‘montre-toi
donc!’
“Apparemment Lolotte n’est pas d’humeur à obéir; mais les garçons ne
lui laissent pas le choix et la poussent en avant. La voilà donc, notre
héroïne. C’est une fillette d’environ quatorze ans, dont les yeux
pétillent d’esprit et de vie; on voit qu’elle aime à user largement de
la liberté que lui laisse encore son âge, pour dire son opinion sur
tout ce qui lui passe par la tête sans conséquence aucune. Mais bien
qu’elle soit forte dans son opinion anti-gantière, l’enfant est tant
soit peu confuse, et ne paraît pas portée à défendre sa cause en
présence d’un étranger. ‘Quoi donc,’ lui dit son père, en la prenant
par la taille, ‘tu ne veux pas porter des gants, parce qu’ils sont
faits de peaux de rats! Je ne te croyais pas si folle. Le rat est morte
et oublié depuis longtemps, et sa peau est glacée.’—‘Non, papa, ce
n’est pas ça.’—‘Qu’est-ce donc, mon enfant? Tu est trop grande fille
pour ces manières sans façon. Ne veux-tu pas être une demoiselle comme
il faut?’ ‘Et ces petites mains qui touchent si bien du piano,’ reprend
le visiteur, désireux de faire oublier la gêne que cause sa présence,
par un mot gracieux. ‘Ne veux-tu pas plutôt renoncer à la musique, et
devenir sarcleuse?’ lui demande son père.—‘Non, papa, point du tout. Je
ne puis pas dire au juste ma pensée....’ Et elle se dégagea doucement
de ses bras; et en se sauvant, grommela: ‘Mort aux gants, et vive la
civilisation!’ On rit encore un peu de l’enfant bizarre; puis on parle
d’autres choses, et l’on se prépare pour la promenade. Lolotte a mis
les gants en question, ‘pour plaire à maman,’ et personne ne s’en
occupe plus.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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