France and England in North America, Part VII, Vol 2: A Half-Century of ConflictParkman, Francis
History
France and England in North America, Part VII, Vol 2: A Half-Century of Conflict
Parkman, Francis
Canada -- History -- To 1763 (New France); United States -- History -- Colonial period, ca. 1600-1775
“Je sçai que le Commandant de cet infortuné Vaisseau dira, pour se
justifier, qu’il étoit important pour lui d’enlever le Corsaire, afin
de se régler sur les nouvelles qu’il en auroit appris. Mais cela ne
l’excuse point; il sçavoit que Louisbourg étoit bloqué, c’en étoit
assez; qu’avoit-il besoin d’en sçavoir davantage? S’il craignoit que
les Anglais n’eussent été maîtres de la Place, il étoit aisé de s’en
instruire, en envoyant son canot ou sa chaloupe, & sacrifiant quelques
hommes pour sa sûreté; la batterie Royale ne devoit point l’inquiéter,
nous en aurions agi comme avec le Navire Basque, dont nous facilitâmes
l’entrée par un feu excessif. La perte d’un secours si considerable
ralentit le courage de ceux qui avoient le plus conservé de fermeté;
il n’étoit pas difficile de juger que nous serions contraints
d’implorer la clémence des Anglais, & plusieurs personnes furent
d’avis qu’il falloit dès-lors demander à capituler. Nous avons
cependant tenu un mois au-delà; c’est plus qu’on n’auroit pu exiger
dans l’abbatement où venoit de nous jetter un si triste spectacle.
“L’Ennemi s’occupa à nous canoner & à nous bombarder toute le reste du 283
mois, sans faire des progrès bien sensibles, & qui lui pussent donner
de l’espoir. Comme il ne nous attaquoit point dans les formes; qu’il
n’avoit pratiqué aucuns retranchemens pour se couvrir, il n’osoit
s’aprocher de trop près; tous nos coups portoient; au lieu que la
plûpart des siens étoient perdus: aussi ne tirons-nous que lorsque
nous le jugions nécessaire. Il tiroit, lui, plus de cinq à six cens
coups de canon par jour, contre nous vingt; à la vérité, le peu de
poudre que nous avions, obligeoit à n’en user que sobrement. La
mousqueterie étoit peu d’usage.
“J’ai oublié de dire que, dès les premiers jours du siége, les ennemis
nous avoient fait sommer de nous rendre; mais nous répondîmes selon ce
que le devoir nous prescrivoit; l’Officier, deputé pour nous en faire
la proposition, voyant que nous rejettions ses offres, proposa de
faire sortir les Dames, avec assurance qu’elles ne seroient point
insultées, et qu’on les feroit garder dans les maisons qui
subsistoient encore en petit nombre; car l’ennemi, en débarquant,
avoit presque tout brûlé ou détruit dans la campagne. Nous remerçiâmes
cet officier, parceque nos femmes & nos enfans étoient sûrement dans
les logemens que nous leur avions faits. On avoit mis sur les
casemates de longues piéces de bois, placées en biais, qui, en
amortissant le coup de la bombe, la rejettent, & empêchent l’effet de
son poids. C’est là dessous que nous les avions enterrés.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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