France and England in North America, Part VII, Vol 2: A Half-Century of ConflictParkman, Francis
History
France and England in North America, Part VII, Vol 2: A Half-Century of Conflict
Parkman, Francis
Canada -- History -- To 1763 (New France); United States -- History -- Colonial period, ca. 1600-1775
“Au commencement de Juin les Assiégeans parurent reprendre une
nouvelle vigueur; n’étant pas contens du peu de succès qu’ils avoient
eu jusques-là, ils s’attacherent à d’autres entreprises, & voulurent
essayer de nous attaquer par le côté de la mer. Pour réussir, ils
tenterent de nous surprendre la batterie de l’entrée: un Détachement
d’environ cinq cens hommes s’y étant transporté pendant la nuit du 284
six au sept, fut taillé en pièces par le sieur _Daillebout_,
Capitaine de Compagnie, qui y commandoit, & qui tira sur eux à
mitraille; plus de trois cens resterent sur la place, & il n’y eut de
sauvés que ceux qui demandoient quartier, les blessés furent
transférés dans nos hôpitaux. Nous fîmes en cette occasion cent
dix-neuf prisonniers, & n’eûmes que trois hommes de tués ou blessés;
mais nous perdîmes un Canonier, qui fut fort regretté....
“Pour sur croit d’infortune, il arrive aux Anglois le 15 une Escadre
de six Vaisseaux de guerre, venant de Londres. Ces Vaisseaux
croiserent devant la Ville, avec les Frégattes sans tirer un seul
coup. Mais nous avons sçu depuis que, si nous eussions tarder à
capituler, tous les Vaisseaux se seroient embossés, et nous auroient
fait essuyer le feu le plus vif. Leurs dispositions n’ont point été
ignorée, je rapporterai l’ordre qu’ils dévoient tenir.
“Les ennemis ne s’étoient encore point avisés de tirer à boulets
rouges; ils le firent le dix-huit & le dix-neuf, avec un succès qui
auroit eté plus grand, sans le prompt secours qui y fut apporté. Le
feu prit à trois ou quatre maisons, mais on l’eut bientôt éteint. La
promptitude en ces sortes d’occasions, est la seul ressource que l’on
puisse avoir.
“L’Arrivée de l’Escadre étoit, sans doute, l’objet de ce nouveau salut
de la part de l’Armée de terre; son Général qui vouloit avoir
l’honneur de notre conquête, étant bien aisé de nous forcer à nous
soumettre avant que l’Escadre se fût mise en devoir de nous y
contraindre.
“L’Amiral de son côté songeoit à se procurer l’honneur de nous
reduire. Un Officier vint pour cet effet, le vingt-un, nous proposer
de sa part, que si nous avions à nous rendre, il seroit plus
convenable de le faire à lui, qui auroit des égards que nous ne
trouverions peut être pas dans le Commandant de terre. Tout cela
marquoit peu d’intelligence entre les deux Généraux, & verifie assés
la remarque que j’ai ci-devant faite: on n’eût jamais dit en effet 285
que ces troupes fussent de la même Nation & sous l’obéissance du même
Prince. Les Anglais sont les seuls peuples capables de ces
bizarreries, qui font cependant partie de cette précieuse liberté dont
ils se montrent si jaloux.
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