France and England in North America, Part VII, Vol 2: A Half-Century of ConflictParkman, Francis
History
France and England in North America, Part VII, Vol 2: A Half-Century of Conflict
Parkman, Francis
Canada -- History -- To 1763 (New France); United States -- History -- Colonial period, ca. 1600-1775
“Ces battiments continuèrent à se faire voir pendant quelques jours,
depuis la Pointe Blanche jusques à Port de Noue, sous pavillon blanc,
et les glaces s’étant écartées de la coste, nous apperçûmes, le 7 mai,
un navire qui faisait route pour le port; il y entra heureusement; ce
navire venoit de St Jean de Luz, commandé par le Sieur Janson Dufoure;
il nous apprit qu’il avoit été poursuivi la veille par trois
vaisseaux, qu’une frégatte de 24 canons l’avoit joint, et qu’il
s’estoit sauvé, après un combat de trois volées de canon et de
mousquetterie.
“Le 8 à la pointe du jour, nous eûmes connaissance de tous les
vaisseaux au vent du port dans la partie du sud-ouest, ce qui nous
occasionna une alerte, les signaux ayant été faits, les habitans de
Lorembec et de la Baleine, qui étoient les plus proches de la ville, 290
s’y rangèrent aux postes qui leur étoient destinés, ainsi que les
habitans de la ville et du port, le même jour ces vaisseaux prirent à
notre vue deux caboteurs frettés par le Roy et qui venoient du port de
Toulouse chargés de bois de corde pour le chauffage des troupes et des
corps de garde, ils prirent aussy une chaloupe qui venoit des Isles
Madame chargée de gibier.
“Comme nous doutions toujours si ces vaisseaux étoient anglois ou
françois jusqu’à ce jour, les glaces empêchant l’entrée du port depuis
qu’ils avoient paru ensemble, j’avois eu la précaution d’arrêter,
conjointement avec monsieur Bigot, deux battiments pour les faire
partir en cas de nécessité pour la France, pour porter les nouvelles à
Sa Grandeur de la situation où se trouvoit la colonie, et sitôt que
nous fûmes confirmés par le prise de ces caboteurs que c’étoit des
vaisseaux anglois et qu’il y en avoit d’autres à Canceau, au rapport
des équipages qui s’étoient sauvés, nous fîmes partir à la faveur de
la brume et de la nuit obscure du 10 mai, _La Société_, capitaine
Subtil, avec nos lettres pour Monseigneur, pour lui apprendre l’état
de la colonie avec les circonstances de vaisseaux qui bloquèrent le
port; quand à l’autre bâtiment qui avoit été fretté, nous avons été
obligé de la faire couler, après la descente faite par l’ennemy, étant
impossible de la faire sortir.
“Les vaisseaux ennemis qui étoient au devant du port, se servant de la
chaloupe qu’ils avoient prise chargée de gibier pour descendre et
mettre pied à terre à Gabarrus, à notre vue, je fis partir, le 9, un
détachement de 20 soldats sous le commandement du sieur de Lavallière
pour aller par terre à Gabarrus, et un autre de 39 hommes d’habitans,
sous le commandement du sieur Daccarrette dans un charroye pour
s’emparer de cette chaloupe, mais ces deux détachements ne purent
joindre cette chaloupe; celui de terre y resta deux jours et ne rentra
en ville que le onze du soir, et celui du sieur Daccarrette rentra 291
le 12 au matin, ayant été obligé d’abandonner le charroye à fourché où
il avoit été à la sortie du Gabarrus.
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