France and England in North America, Part VII, Vol 2: A Half-Century of ConflictParkman, Francis
History
France and England in North America, Part VII, Vol 2: A Half-Century of Conflict
Parkman, Francis
Canada -- History -- To 1763 (New France); United States -- History -- Colonial period, ca. 1600-1775
“Sur un avis aussy important, et l’ennemy ayant aboré pavillon à la
tour de la Lanterne, je fis faire un détachement de cinq cent jeunes
gens du pays et autres de la milice et des flibustiers, sous les
ordres du Sieur de Beaubassin, pour aller voir si cela étoit vrai,
tâcher de suprendre l’ennemy ou empêcher de faire leurs travaux en cet
endroit.
“Ce dêtachement partit en trois chaloupes le 27 may avec chacun douze
jours de vivres et les munitions de guerre nécessaires qui leur furent
fournies des magasins du Roy; il mit pied à terre au grand Lorembec.
“Le lendemain, faisant son approche à la tour, il fut découvert par
l’ennemy qui étoit au nombre d’environ 300.
“Ils se tirèrent quelques volées de mousqueterye, et se séparèrent, ce
détachement ne voyant pas son avantage et plusieurs ayant lâché le 299
pied, il fut contraint de se retirer dans le bois, pour brûler s’il
lui étoit possible les magasins qu’il y avoit, on l’avoit assuré que
cela étoit aisé, que l’ennemy dormoit avec sécurité en cet endroit.
“Koller qui étoit second du dit Sieur de Beaubassin, venant de St.
Pierre par terre, quelques jours auparavant, avait été dans une des
barraques du dit camp et avoit emporté une chaudière sans être
découvert, ce détachement, dis-je, étoit à un demi quart de lieue à
l’habitation du dit Koller, il avoit envoyé des découvreurs en
attendant la nuit, mais ils eurent le malheur dêtre découverts par une
douzaine d’Anglois qui se trouvèrent aux environs, ce qui fit que
l’ennemy détacha un party considérable qui fut pour les attaquer. Le
sieur de Beaubassin fut encore obligé de se retirer après quelques
coups tirés de part et d’autre: l’ennemy, depuis lors cherchoit
partout ce détachement, et plusieurs de ceux-ci ayant été obligés de
jeter leurs vivres pour se sauver, ils étoient sans vivres pour passer
leur douze jours, et plusieurs qui étoient des havres voisins
l’avoient abandonné et s’étoient retirés chez eux; il se trouvoit par
conséquent sans vivres et trop faibles pour résister à l’ennemy.
“Il fut donc obligé d’aller au petit Lorembec pour prendre des
chaloupes afin de rentrer dans la ville; il se trouva en ce havre
environ 40 Sauvages de la colonie qui avoient détruit, il y avoit deux
ou trois jours, 18 à 20 Anglois qu’ils avoient trouvés qui pillaient
ce havre.
“Comme ils étaient à même d’embarquer dans les chaloupes, il leur
tomba un détachement de 2 à 300 Anglois. Les Sauvages se joignèrent à
ce détachement et ces deux corps faisaient environ 120 hommes qui
tinrent pied ferme à l’ennemy.
“Le feu commença de part et d’autre vers les deux heures et dura
pendant plus de quatre, les Anglois avoient même été repoussés deux 300
fois et ils auroient été défaits si dès le commencement de l’action,
ceux-ci n’avoient pas envoyé avertir de leurs gens qui étoient à la
batterie royale et à la tour et s’il ne leur étoit pas venu à l’entrée
de la nuit un party considérable qui commença à vouloir l’entourer.
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