France and England in North America, Part VII, Vol 2: A Half-Century of ConflictParkman, Francis
History
France and England in North America, Part VII, Vol 2: A Half-Century of Conflict
Parkman, Francis
Canada -- History -- To 1763 (New France); United States -- History -- Colonial period, ca. 1600-1775
“Je fis masquer la porte Dauphine en pierre de taille, fascines et
terre de l’épaisseur d’environ dix-huit pieds, ainsi que les deux
corps de garde qui sont joints. Sans cet ouvrage l’ennemy auroit pu
entrer en ville dés le lendemain qu’il auroit tiré de la batterie de
Francœur; cette porte n’etoit pas plus forte que celle d’une porte
cochère, les murs de la dite porte et des corps de garde n’avoient que
trois pieds ou environ d’épaisseur. La dite porte n’étoit pas non plus
flanquée et n’avoit pour toute défense que quelques créneaux aux corps
de garde, desquels on ne pouvoit plus se servir sitôt qu’on étoit
obligé de garnir les dits corps de garde de pierres, de terre.
“J’ordonnai qu’on fit des embrasures de gazon et de terre, n’ayant pas
le temps d’en faire de pierre, aux quatre canons qui étoient sur la
batterie du bastion Dauphin, sur le corps de garde des soldats,
joignant la porte du dit bastion, afin d’empêcher l’ennemy en ses
travaux sur les hauteurs qui étoient devant la dite porte; lesquelles
embrasures furent faites.
“Tous les flancs des bastions de la ville furent aussy garnis des
canons des corsaires et autres qui se sont trouvés en ville.
“L’ennemy ayant calfeutré une goelette qui étoit échouée au fond de la
baye depuis l’année dernière, il l’a remplit de bois, goudron et
autres matières combustibles, et à la faveur d’une nuit obscure et
d’un vent frais du nord-nord-est qu’il fit le 24, il nous l’envoya en
brûlot sur la ville.
“Tout le monde passoit toutes les nuits sur les remparts, nous
attendions de pied ferme l’ennemy, plustôt que des artifices de cette
nature, et ce brûlot ayant été s’échouer au dehors de la ville
vis-à-vis du terrain du S^r Ste Marie ne fit pas l’effet que l’ennemy
s’attendoit.
“L’ennemy s’étant emparé de la hauteur de Francœur qui est à la queue 298
du glacis de la porte Dauphine, il a commencé à ouvrir des boyaux et
former deux batteries malgré le feu continuel de nos canons de la
barbette et du bastion Dauphin et du flanc droit du bastion du Roy et
de la mousqueterie, et ces deux batteries n’ont point cessé de tirer
depuis le 29 jusqu’à la reddition de la place des boulets de 18, 24,
36 et 42, pour battre en brèche la porte Dauphine et la flanc droit du
bastion du Roy.
“L’ennemy, faisant plusieurs mouvements au fond de la baye et à la
hauteur de la Lanterne, monsieur Vallé, lieutenant de la Compagnie des
Canonniers, vint m’avertir que l’ennemy pourroit faire ces mouvements
à l’occasion de plusieurs canons de dix-huit et de vingt-quatre qui
avoient été mis au carénage pour servir de corps de garde depuis
environ dix ans. Que parmy ces canons il y en avoit plusieurs en état
de servir, qu’il avoit informé les Gouverneurs de cy-devant plusieurs
fois que l’ennemy pourroit les transporter à la tour, établir une
batterie pour battre l’isle de l’entree et les vaisseaux qui
voudroient entrer.
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