Lives of the most eminent literary and scientific men of France, Vol. 1 (of 2)Shelley, Mary Wollstonecraft
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Lives of the most eminent literary and scientific men of France, Vol. 1 (of 2)
Shelley, Mary Wollstonecraft
Authors, French -- Biography
comme une des plus belles et des meilleures qui soient jamais sorties de
ses mains. Méditez sur cette confiance générale sur son salut, et
vous trouverez que c'est une espèce de miracle qui n'est que pour lui.
Vous verrez dans les nouvelles les effets de cette grande perte."--15
Août, 1675.
"M. de Barillon soupa ici hier: on ne parla que de M. de Turenne, il en
est véritablement très-affligé. Il nous contoit la solidité de ses
vertus, combien il étoit vrai, combien il aimoit la vertu pour
elle-même, combien pour elle seule il se trouvoit récompensé, et puis
finit par dire que l'on ne pouvoit pas l'aimer, ni être touché de son
mérite, sans en être plus honnête homme. Sa société communiquoit
une horreur pour la friponnerie, pour la duplicité, qui mettoit ses
amis au-dessus des autres hommes. Bien de siècles n'en donneront pas un
pareil. Je ne trouve pas qu'on soit tout-à-fait aveugle en celui-ci, au
moins les gens que je vois. Je crois que c'est vanter d'être en bonne
compagnie."--28 Août, 1675.]
[Footnote 73: "Voici un changement de scène qui vous paroitra aussi
agréable qu'à tout le monde. Je fus samedi à Versailles avec les
Villars. Vous connoissez la toilette de la reine, la messe, le dîner:
mais il n'est pas besoin de se faire étouffer pendant que leurs
majestés sont à table; car à trois heures le roi, la reine, monsieur,
madame, mademoiselle, tout ce qu'il y a de princes et de princesses,
madame de Montespan, toute sa suite, tous les courtisans, toutes les
dames, enfin ce qui s'appelle la cour de France, se trouve dans ce bel
appartement du roi que vous connoissez. Tout est meublé
devinement--tout est magnifique. On ne sait ce que c'est d'y avoir
chaud; on passe d'un lieu à l'autre sans avoir presse nulle part. Un
jeu de reverse donne la forme, et fixe tout. Le roi est auprès de
madame de Montespan, qui tient la carte; monsieur, la reine, et madame
de Soubise, Dangeau et compagnie, Langlée et compagnie. Mille louis
sont répandus sur le tapis. Il n'y a point d'autres jetons. Je voyois
Dangeau, et j'admirois combien nous sommes sots au jeu auprès de lui.
Il ne songe qu'à son affaire, et gagne où les autres perdent: il ne
néglige rien, il profite de tout; il n'est point distrait: en un mot,
sa bonne conduite défie la fortune; aussi les deux cent mille francs en
deux jours, les cent mille écus en un mois, tout cela se met sur le
livre de sa recette. Il dit que je prenois part à son jeu, de sorte que
je fus assise très-agréablement et très-commodément. Je saluai le
roi, ainsi que vous me l'avez appris: il me rendit mon salut, comme si
j'avois été jeune et belle. La reine me parla aussi longtemps de ma
maladie que si c'eût été une couche. M. le duc me fit mille de ces
caresses, à quoi il ne pense pas. Le maréchal de Lorges m'attaqua sous
le nom du chevalier de Grignan, enfin _tutti quanti_. Vous savez ce que
c'est que de recevoir un mot de tout ce que l'on trouve en son chemin.
Madame de Montespan me parla de Bourbon: elle me pria de lui conter
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