Lives of the most eminent literary and scientific men of France, Vol. 1 (of 2)Shelley, Mary Wollstonecraft
Science
Lives of the most eminent literary and scientific men of France, Vol. 1 (of 2)
Shelley, Mary Wollstonecraft
Authors, French -- Biography
Royal, et Plutarque, et Montaigne, parlent autrement: celui-ci parle
parce qu'il veut parler, et souvent il n'a pas grand' chose à dire."]
[Footnote 72: Take, for instance, the following extracts on the subject
of his death:--"Ne croyez point, ma fille, que le souvenir de M. de
Turenne soit déjà finit dans ce pays-ci; ce fleuve, qui entraine tout,
n'entraine pas sitôt une telle mémoire; elle est consacrée à
l'immortalité. J'étais l'autre jour chez M. de la Rochefoucauld, avec
madame de Lavardin, madame de la Fayette, et M. de Marsillac. M. le
Premier y vint. La conversation dura deux heures sur les divines
qualités de ce véritable héros: tous les yeux étaient baignés de
larmes, et vous ne sauriez croire comme la douleur de sa perte est
profondément gravé dans les cœurs. Nous remarquions une chose, c'est
que ce n'est pas depuis sa mort que l'on admire la grandeur de son
cœur, l'étendue de ses lumières, et l'élévation de son âme; tout
le monde en étoit plein pendant sa vie, et vous pouvez penser ce que
fait sa perte par-dessus ce qu'on étoit déjà: enfin, ne croyez point
que cette mort soit ici comme celle des autres. Vous pouvez en parler
tant qu'il vous plaira, sans croire que la dose de votre douleur
l'emporte sur la nôtre. Pour son âme, c'est encore un miracle qui
vient de l'estime parfaite qu'on avoit pour lui; il n'est pas tombé
dans la tête d'aucun dévot qu'elle ne fut pas en bon état: on ne
sauroit comprendre que le mal et le péché pussent être dans son
cœur: sa conversion si sincère nous a paru comme un baptême; chacun
conte l'innocence de ses mœurs, la pureté de ses intentions, son
humilité, éloignée de toute sorte d'affectation; la solide gloire
dont il étoit plein, sans faste et sans ostentation; aimant la vertu
pour elle-même, sans se soucier de l'approbation des hommes; une
charité généreuse et chrétienne. Vous ai-je dit comme il l'habilla
ce régiment anglois? il lui coûta quatorze mille francs, et il resta
sans argent. Les Anglois ont dit à M. de Lorges qu'ils achéveroient de
servir cette campagne, pour venger la mort de M. de Turenne, mais
qu'après cela ils se retireroient, ne pouvant obéir à d'autres que
lui. Il y avoit de jeunes soldats qui s'impatientoient un peu dans les
marais, où ils étoient dans l'eau jusqu'aux genoux; et les vieux
soldats leur disoient 'Quoi, vous vous plaignez!' On voit bien que vous
ne connoissez pas M. de Turenne: il est plus fâché que nous quand nous
sommes mal; il ne songe, à l'heure qu'il est, qu'à nous tirer d'ici;
il veille quand nous dormons; c'est notre père: on voit bien que vous
êtes jeunes. Et c'est ainsi qu'ils les rassuroient. Tout ce que je vous
mande est vrai; je ne me charge point des fadaises dont on croit faire
plaisir aux gens éloignés: c'est abuser d'eux, et je choisis bien plus
ce que je vous écris, que ce que je vous dirois, si vous étiez ici. Je
reviens à son âme: c'est donc une chose à remarquer, que nul dévot
ne s'est avisé de douter que Dieu ne l'eût reçue à bras ouverts,
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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