Magna Carta, and Other AddressesGuthrie, William D. (William Dameron)
History
Magna Carta, and Other Addresses
Guthrie, William D. (William Dameron)
Constitutional law -- United States
La plupart des historiens, cherchant leurs matériaux dans les archives
des gouvernements et dans les notes des rois et de leurs ministres,
ne voient trop souvent qu'un calcul ou un motif intéressé dans
l'aide que la France nous a apportée et dans l'amitié qu'elle nous a
témoignée pendant notre Guerre d'Indépendance. Mais ceux qui cherchent
consciencieusement à pénétrer jusqu'à l'âme du peuple français
pendant les années de 1776 à 1781, comme l'avait fait l'historien
Américain, James Breck Perkins, feu le président du Comité des Affaires
Etrangères de notre Congrès National, attestent que cette aide, qui
fut si efficace et qui seule a rendu notre succès possible, était
désinteressée et n'était inspirée que par sympathie pour un peuple
faible et par amour pour la liberté et la justice politique. La
Fayette, l'ami intime et dévoué de Washington et de Franklin, était
véritablement l'incarnation du sentiment d'enthousiasme exalté et de
sympathie ardente que les Français ressentaient alors dans toutes
les classes pour un peuple qui voulait être libre. Sans doute Louis
XVI. et Vergennes y voyaient des avantages incidentels et des raisons
d'état, mais c'était bien le peuple impatient et l'enthousiasme et
le sentiment public de la nation entière qui ont finalement forcé
le gouvernement du Roi à nous envoyer une armée disciplinée sous
Rochambeau et une flotte de guerre sous d'Estaing et de Grasse.
L'importance incalculable du service rendu par les Français peut être
estimée en nous rappelant que les deux tiers et les mieux équipées des
troupes alliées à Yorktown étaient français, et que ce fut à Rochambeau
que le commandant anglais avait cru devoir rendre son épée.
En prenant part à notre Guerre d'Indépendance, le peuple français
savait parfaitement que son aide lui coûterait un prix énorme et
que les impôts déjà trop lourds devraient être encore augmentés.
L'historien Perkins déclare que le montant des dépenses de la France
pour libérer l'Amérique s'est élevé à sept cent soixante douze millions
de dollars, c'est à dire, à plus de trois milliards huit cent millions
de francs.[71] De cette énorme dépense, qui a ruiné le trésor royal,
comme l'avait bien prêdit Turgot, pas un sou n'a été remboursé à la
France. Elle ne l'a jamais réclamé, et elle en refuserait fièrement
aujourd'hui le remboursement en nous rappelant qu'elle avait stipulé
dans le traité d'alliance avec les Etats-Unis d'Amérique du 6 Février,
1778, qu'elle ne recevrait aucune indemnité pour sa coopération et
ses sacrifices, et que même si le Canada était conquis, cette contrée
serait annexée aux Etats-Unis et non pas retournée à la France. Ce
traité, sans précédent en générosité dans l'histoire du monde, était
le premier de tous les traités que les Etats-Unis ont faits et le seul
traité d'alliance dans notre histoire.
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