Main Currents in Nineteenth Century Literature - 5. The Romantic School in FranceBrandes, Georg
History
Main Currents in Nineteenth Century Literature - 5. The Romantic School in France
Brandes, Georg
Literature, Modern -- 19th century -- History and criticism; Naturalism in literature; Romanticism
"Mais mon fils, mais dis-moi, quelle belle dansante,
Quelle vierge as-tu vu au bord de l'Érymanthe?
N'est-tu pas riche et beau? du moins quand la douleur
N'avait point de ta joue éteint la jeune fleur?
Parie. Est-ce cette Églé, fille du roi des ondes,
Ou cette jeune Irène aux longues tresses blondes?
Ou ne sera-ce point cette fière beauté
Dont j'entends le beau nom chaque jour répété,
Dont j'apprends que partout les belles sont jalouses?
Qu'aux temples, aux festins, les mères, les épouses,
Ne sauraient voir, dit-on, sans peine et sans effroi?
Cette belle Daphné?...--Dieux! ma mère, tais-toi,
Tais-toi. Dieux! Qu'as-tu dit? Elle est fière, inflexible;
Comme les immortels elle est belle et terrible!
Mille amants l'ont aimée; ils l'ont aimée en vain.
Comme eux j'aurais trouvé quelque refus hautain.
Non, garde que jamais elle soit informée ...
Mais, ô mort! ô tourment! ô mère bien-aimée!
Tu vois dans quels ennuis dépérissent mes jours.
Ma mère bien-aimée, ah! viens à mon secours:
Je meurs; va la trouver: que tes traits, que ton âge,
De sa mère à ses yeux offrent la sainte image.
Tiens, prends cette corbeille et nos fruits les plus beaux,
Prends notre Amour d'ivoire, honneur de ces hameaux;
Prends la coupe d'onyx à Corinthe ravie,
Prends mes jeunes chevreaux, prends mon cœur, prends ma vie,
Jette tout à ses pieds; apprends-lui qui je suis;
Dis-lui que je me meurs, que tu n'as plus de fils.
Tombe aux pieds du vieillard, gémis, implore, presse;
Adjure cieux et mers, dieu, temple, autel, déesse;
Pars, et si tu reviens sans les avoir fléchis
Adieu, ma mère, adieu, tu n'auras plus de fils.
--J'aurai toujours un fils; va, la belle espérance
Me dit ... Elle s'incline, et, dans un doux silence,
Elle couvre ce front, terni par les douleurs,
De baisers maternels entremêlés de pleurs.
Puis elle sort en hâte, inquiète et tremblante,
Sa démarche est de crainte et d'âge chancelante.
Elle arrive; et bientôt revenant sur ses pas,
Haletante, de loin: 'Mon cher fils, tu vivras,
Tu vivras.' Elle vient s'asseoir près de la couche:
Le vieillard la suivait, le sourire à la bouche.
La jeune belle aussi, rouge et le front baissé,
Vient, jette sur le lit un coup d'œil. L'insensé
Tremble; sous ses tapis il veut cacher la tête.
'Ami, depuis trois jours tu n'es d'aucune fête,
Dit-elle; que fais-tu? pourquoi veux-tu mourir?
Tu souffres. On me dit que je peux te guérir.
Vis, et formons ensemble une seule famille;
Que mon père ait un fils, et ta mère un fille.'"
One cannot imagine more simplicity, less attempt at effect, in the
solution of such a situation.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Elsewhere in the archive
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account