Materialism; Mind and body; Physiology -- Early works to 1800
Mais puisque toutes les facultés de l'âme dépendent tellement de
la propre organisation du cerveau et de tout le corps, qu'elles ne
sont visiblement que cette organisation même: voilà une machine bien
éclairée! car enfin quand l'homme seul aurait reçu en partage la
loi naturelle, en serait-il moins une machine? Des roues, quelques
ressorts de plus que dans les animaux les plus parfaits, le cerveau
proportionnellement plus proche du coeur, et recevant aussi plus de
sang, la même raison donnée; que sais-je enfin? des causes inconnues
produiraient toujours cette conscience délicate, si facile à blesser,
ces remords qui ne sont pas plus étrangers à la matière que la pensée,
et en un mot toute la différence qu'on suppose ici. L'organisation
suffirait-elle donc a tout? oui, encore une fois. Puisque la pensée
se développe visiblement avec les organes, pourquoi la matière dont
ils sont faits ne serait-elle pas aussi susceptible de remords,
quand une fois elle a acquis avec le temps la faculté de sentir?
L'âme n'est donc qu'un vain terme dont on n'a point d'idée, et dont
un bon esprit ne doit se servir que pour nommer la partie qui pense
en nous. Posé le moindre principe de mouvement, les corps animés
auront tout ce qu'il leur faut pour se mouvoir, sentir, penser,
se repentir, et se conduire en un mot dans le physique, et dans le
moral qui en dépend.
Nous ne supposons rien; ceux qui croiraient que toutes les difficultés
ne seraient pas encore levées, vont trouver des expériences, qui
achèveront de les satisfaire.
1. Toutes les chairs des animaux palpitent après la mort, d'autant
plus longtemps que l'animal est plus froid et transpire moins: les
tortues, les lézards, les serpents, etc. en font foi.
2. Les muscles séparés du corps, se retirent, lorsqu'on les pique.
3. Les entrailles conservent longtemps leur mouvement péristaltique,
ou vermiculaire.
4. Une simple injection d'eau chaude ranime le coeur et les muscles,
suivant Cowper.
5. Le coeur de la grenouille, surtout exposé au soleil, encore mieux
sur une table ou une assiette chaude, se remue pendant une heure et
plus, après avoir été arraché du corps. Le mouvement semble-t-il
perdu sans ressource? il n'y a qu'à piquer le coeur, et ce muscle
creux bat encore. Harvey a fait la même observation sur les crapauds.
6. Bacon de Verulam, dans son Traité Sylva-Sylvarum, parle d'un homme
convaincu de trahison, qu'on ouvrit vivant, et dont le coeur jeté
dans l'eau chaude sauta à plusieurs reprises, toujours moins haut,
à la distance perpendiculaire de 2 pieds.
7. Prenez un petit poulet encore dans l'oeuf; arrachez lui le coeur;
vous observerez les mêmes phénomènes, avec à peu près les mêmes
circonstances. La seule chaleur de l'haleine ranime un animal prêt
à périr dans la machine pneumatique.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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