Memoirs of Dr. Joseph Priestley : $b To the year 1795, written by himself: with a continuation, to the time of his decease, by his son, Joseph Priestley: and observations on his writings, by Thomas Cooper, President Judge of the 4th. district of Pennsylvania: and the Rev. William Christie.Priestley, Joseph
Religion
Memoirs of Dr. Joseph Priestley : $b To the year 1795, written by himself: with a continuation, to the time of his decease, by his son, Joseph Priestley: and observations on his writings, by Thomas Cooper, President Judge of the 4th. district of Pennsylvania: and the Rev. William Christie.
Priestley, Joseph
Chemists -- Great Britain -- Biography; Priestley, Joseph, 1733-1804
8. Or cette suprême sagesse jointe à une bonté qui n’est pas moins
infinie qu’elle, n’a pu manquer de choisir le meilleur. Car comme un
moindre mal est une espece de bien; de même un moindre bien est une
espece de mal, s’il fait obstacle à un bien plus grand: & il y auroit
quelque chose à corriger dans les actions de Dieu, s’il y avoit moyen
de mieux faire. Et comme dans les Mathématiques, quand il n’y a point
de _maximum_ ni de _minimum_, rien enfin de distingué, tout se fait
également; ou quand cela ne se peut, il ne se fait rien du tout; on
peut dire de même en matière de parfaite sagesse, qui n’est pas moins
reglée que les Mathématiques, que s’il n’y avoit pas le meilleur
(_optimum_) parmi tous les Mondes possibles, Dieu n’en auroit produit
aucun. J’appelle _Monde_ toute la suite & toute la collection de toutes
les choses existantes, afin qu’on ne dire point que plusieurs Mondes
pouvoient exister en differens temps & differens lieux. Car il faudroit
les compter tous ensemble pour un Monde, ou si vous voulez pour un
_Univers_. Et quand on rempliroit tous les tems & tous les lieux; il
demeure toujours vrai qu’on les auroit pu remplir d’une infinité de
manières, & qu’il y a une infinité de Mondes possibles, dont il faut
que Dieu ait choisi le meilleur; puisqu’il ne fait rien sans agir
suivant la suprême Raison.
9. Quelque adversaire ne pouvant répondre à cet argument, répondra
peut-être à la conclusion par un argument contraire, en disant que le
Monde auroit pu être sans le péché & sans les souffrances: mais je nie
qu’alors il auroit été _meilleur_. Car il faut savoir que tout est
_lié_ dans chacun des mondes possibles: l’Univers, quel qu’il puisse
être, est tout d’une pièce, comme un Océan; le moindre mouvement y
étend son effet à quelque distance que ce soit, quoique cet effet
devienne moins sensible à proportion de la distance, de sorte que
Dieu y a tout réglé par avance une fois pour toutes, ayant prévu les
prières, les bonnes & les mauvaises actions, & tout le reste; & chaque
chose a contribué _idéalement_ avant son existence a la resolution qui
a été prise sur l’existence de toutes les choses. De sorte que rien ne
peut être changé dans l’Univers (non plus que dans un nombre) sauf son
essence, ou si vous voulez, sauf son _individualité numérique_. Ainsi,
si le moindre mal qui arrive dans le Monde y manquoit, ce ne seroit
plus ce Monde; qui tout compteé, tout rabattu, a été trouvé le meilleur
par le Créateur qui l’a choisi.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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