It was the command of the King, who took the greatest interest in all the
details of the reception, that I should be the speaker to welcome our
guests. Lord Ormonde, our Commodore, was in the chair, the Duke of Leeds,
as Vice-Commodore, facing him. Besides Admiral Caillard and his officers,
we had as guests the French Ambassador, M. Paul Cambon, Sir Francis
Bertie, now Lord Bertie, our Ambassador at Paris, Sir John Fisher, First
Sea Lord of the Admiralty, now Lord Fisher, and, of course, all the
principal members of the Squadron. After the toasts of the King and the
President of the Republic had been proposed by the Commodore, I had to
perform my rather difficult duty. My speech was as follows:
“Messieurs, J’obéis à l’appel de notre Commodore. La tâche
qu’il m’a imposée serait bien difficile, bien au-dessus de
mon courage, n’étais-je sûr de pouvoir compter d’un côté
sur la bienveillance et sur l’indulgence de nos hôtes, et
si de l’autre je ne savais pas que ce sera à l’unanimité, à
l’unanimité enthousiaste, que mes collègues acclameront sinon
mes pauvres paroles, au moins les sentiments dont elles seront
la faible expression.
“Messieurs, nous célébrons aujourd’hui une occasion rare dans
l’histoire des pays—unique dans celle de notre cercle quoiqu’il
soit bientôt séculaire. Jamais ces vieux murs lézardés n’ont
assisté à pareille fête. Humbles amateurs, nous avons l’honneur
de recevoir chez nous les grands professionnels des deux plus
importantes marines du monde. Mais ce n’est pas tout—il y a
mieux que cela.
“Depuis neuf cents ans il n’y a pas eu d’invasion de
l’Angleterre. Nous en avons été menacés mainte fois. Les
Espagnols l’ont tentée. Les plongeurs fouillent jusqu’à
nos jours parmi les épaves de leur flotte, englouttie par
les vagues il y a près de quatre siècles. Les Hollandais
ont voulu recommencer la partie; cela ne leur a pas mieux
réussi. Aujourd’hui, trève de forfanterie, Messieurs, trève
de vantardise! Depuis hier l’invasion de l’Angleterre est un
fait accompli, et c’est à bras ouverts que nous accueillons
nos envahisseurs. Car il ne s’agit pas d’une invasion hostile,
mais d’une invasion d’amis, d’une invasion de cœurs battant à
l’unisson avec les nôtres. Les bouches à feu ont parlé, mais
cela n’a été que pour saluer de part et d’autre le Tricolor et
l’Union Jack.
“Messieurs, il n’en a pas toujours été ainsi. Proches voisines,
la France et l’Angleterre ont eu leurs jalousies, leur
querelles, et leurs hostilités. Entre voisines c’est bien
permis; c’est même, dit-on, d’usage. Mais nous avons changé
tout cela! Nous avons trouvé notre chemin de Damas, et c’est
notre auguste Souverain qui nous y a conduits. Aimant son
pays avant tout, travaillant sans relâche pour le bien de son
peuple, le Roi a gardé néanmoins, je le sais, un petit coin
bien chaud dans son cœur pour la France.
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