My Memoirs, Vol. III, 1826 to 1830Dumas, Alexandre
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My Memoirs, Vol. III, 1826 to 1830
Dumas, Alexandre
Dumas, Alexandre, 1802-1870
"Jusqu'ici, l'on m'a vu, d'un tranquille visage,
Conquérir pour ma cause un facile avantage.
J'ai vengé sans effort, dans mon livre semés,
Quelques vers, quelques mots par Thémis décimés.
Redoublons de courage: un grand effort nous reste;
Abordons sans pâlir ce passage funeste,
De l'un à l'autre bout chargé de sombres croix!
Là, sapant par mes vœux le palais de nos rois,
Ébranlant de l'État la base légitime,
D'un sang usurpateur j'appelle le régime,
J'invoque la Discorde aux bras ensanglantés!
Est-il vrai? Suis-je donc si coupable?... Écoutez!
'Il sait donc désormais, il n'a plus à connaître
Ce qu'il est, ce qu'il fut et ce qu'il pouvait être.
Oh! que tu dois souvent te dire et repasser
Dans quel large avenir tu devais te lancer!
Combien dans ton berceau fut court ton premier rêve
Doublement protégé par le droit et le glaive,
Des peuples rassurés espoir consolateur,
Petit-fils d'un César, et fils d'un empereur,
Légataire du monde, en naissant roi de Rome,
Tu n'es plus aujourdhui rien que le _fils de l'homme!_
Pourtant, quel fils de roi contre ce nom obscur
N'échangerait son titre et son sceptre futur?
Mais quoi! content d'un nom qui vaut un diadème,
Ne veux-tu rien, un jour, conquérir par toi-même?
La nuit, quand douze fois ta pendule a frémi,
Qu'aucun bruit ne sort plus du palais endormi,
Et que, seul au milieu d'un appartement vide,
Tu veilles, obsédé par ta pensée avide,
Sans doute que parfois sur ton sort à venir
Un démon familier te vient entretenir.
Oui, tant que ton aïeul, sur ton adolescence,
De sa noble tutelle étendra la puissance,
Les jaloux archiducs, comprimant leur orgueil,
Du vieillard tout-puissant imiteront l'accueil;
Mais qui peut garantir cette paix fraternelle?
Peut-être en ce moment la mort lève son aile;
Tôt ou tard, au milieu de ses gardes hongrois,
Elle mettra la faulx sur le doyen des rois.
Alors, il sera temps d'expliquer ce problème
D'un sort mystérieux ignoré de toi-même.
Fils de Napoléon, petit-fils de François,
Entre deux avenirs il faudra faire un choix.
Puisses-tu, dominé par le sang de ta mère,
Bannir de ta pensée une vaine chimère,
Et de l'ambition éteindre le flambeau!
Le destin qui te reste est encore assez beau;
Les rois ont grandement consolé ton jeune âge;
Le duché de Reichstadt est un riche apanage,
Et tu pourras, un jour, colonel allemand,
Conduire à la parade un noble régiment!
Qu'à ce but désormais ton jeune cœur aspire;
Borne là tes désirs, ta gloire et ton empire.
Des règnes imprévus ne gardons plus l'espoir,
Ce qu'on vit une fois ne doit plus se revoir!'"
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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