Origins of the 'Forty-five : $b and other papers relating to that rising
History
Origins of the 'Forty-five : $b and other papers relating to that rising
Jacobite Rebellion, 1745-1746
Le prince, qui se croyait invincible, parce qu’il n’avait
pas encore été vaincu, défié par des ennemis qu’il méprisait
trop, voyant à leur tête le fils du concurrent de son père,
fier et haut comme il l’était, mal conseillé, peut-être trahi,
oubliant en ce moment tout autre projet, ne put se résoudre à
lui refuser un seul jour le combat. Je lui demandai un quart
d’heure d’audience en particulier. Là, je me jetai en vain à ses
pieds; je lui représentai en vain qu’il lui manquait encore la
moitié de son armée, que la plupart de ceux qui étaient revenus
n’avaient plus de boucliers, espèce d’armes défensives, sans les
quelles ils ne sauraient combattre avec avantage; qu’ils étaient
tous épuisés de fatigue, par une longue course faite la nuit
précédente; que depuis deux jours plusieurs n’avaient pas mangé,
faute de pain; qu’il fallait se réduire à défendre Inverness;
qu’il serait même encore plus prudent de l’abandonner et de
mettre entre les ennemis et nous la rivière, auprès de laquelle
cette ville est batie; qu’au pis-aller nous entrerions dans les
montagnes voisines; que c’était là qu’il serait véritablement
invincible; que nous y resterions les maîtres de la partie de la
côte où devait arriver le secours d’armes et d’argent que nous
attendions; que dès que nous l’aurions reçu, nous marcherions
vers l’Angleterre par cette même côte, ainsi qu’il avait été
convenu; que plus les ennemis se seraient avancés vers nous, et
plus il leur serait difficile en rebroussant chemin, d’arriver à
Londres avant nous; que c’était la prise de cette grande ville
qui devait faire son unique objet; que les succès qu’il pourrait
avoir ailleurs n’auraient jamais rien de décisif, tandis que tout
allait être perdu sans ressource dans une heure, s’il venait à
être battu.
Enfin, le trouvant inébranlable dans la résolution prise de
combattre à quelque prix que ce fût, je fis céder mon penchant à
mon devoir. Je le quittai pour la première fois, je me retirai en
hâte à Inverness, pour y brûler tous mes papiers, et y songer aux
moyens de conserver à votre Majesté la partie de ses troupes qui
ne périrait dans l’action.
Je vis avant la fin du jour le spectacle le plus frappant de la
faiblesse humaine: le prince fut vaincu en un instant. Jamais
déroute plus entière que la sienne.
TRANSLATION
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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