Poems & Poèmes; autres alliancesBarney, Natalie Clifford
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Poems & Poèmes; autres alliances
Barney, Natalie Clifford
Poetry
Sensible auprès de toi, muet comme l'enfance,
Je t'offris la pâleur de l'été maladif
Dans une seule rose ouverte et sans défense.
Quelle fée ouvragea, puis unit sans motif
Ses pétales--qu'un fil de parfum semblait joindre--
Et que tu vins casser d'un geste trop hâtif.
Ils tombent un par un. Je te regarde feindre
De ne pas voir combien se seront effeuillés.
Ah! se défaire ainsi doucement sans se plaindre!
Et j'embrasse en silence (aveugle que tu es!)
De larmes, de baisers, tes deux mains que je touche
Avec mes lèvres moins qu'avec mes cils mouillés.
Et tu repars distraite, et moi je me recouche
Sur tout ton souvenir.... Tel un pauvre histrion,
Je mime un rôle ardent sur ta lointaine bouche!
Et nous pleurons ensemble ainsi que nous rions
A l'heure passagère et vide--Ta présence,
Amour, n'est donc jamais ce que nous voudrions?
Quand perdras-tu sur moi ton étrange puissance?
Mon cœur malade, ah! quand va-t-il ne plus sentir,
Ou des yeux oublieux de la convalescence,
Quand pourrai-je sans peur te regarder partir?
J'AVAIS CRAINT LA NEIGE
J'avais craint la neige,
Je vous avais espérée.
--La neige est venue,
La neige,
Pareille à l'effeuillement
De ces roses.
Soyez la première à marcher sur la blancheur des pétales
--Fleurs du froid effeuillées par l'hiver--
Avant que d'autres ne les écrasent.
Les pétales tombées, les étoiles fondantes se rejoignent,
Dallage éphémère,
Marquez l'empreinte de ses pieds tournés vers moi!
Que la neige dans ma cour,
Tachetée par ses pas,
Soit un tapis d'hermine!
SUFFISANCE
Quand ton regard mi-clos, luisant entre tes cils,
Peut évoquer l'amour sans forme et sans visage,
Tu ne rêves donc plus aux amants de passage?
--Quelle joie égalant ton dégoût t'offrent-ils?--
Ils rôdent tels des loups à l'affût d'une proie,
Désirant mat ton corps que leur désir salit;
Mais, loin d'eux, ton désir, seul maître de ton lit,
Reste le créateur nocturne de ta joie.
Et lorsque le désir te tient éperdûment
Livrée, et qu'il te rend plus ardente et plus souple,
Lorsque ton être double, à la fois ton amant
Et ta maîtresse, sait te prendre, mieux qu'un couple
Tu t'exaltes, ton geste est plus harmonieux.
N'aimant que Toi, tu plains la femme qui s'encombre
Du danger des amours faciles; toi, les yeux
Pleins d'orgueil, tu ne sert qu'à ta beauté, dans l'ombre.
VERS LIBRES
Ils sont là, quelque part, les êtres de mon cœur,
Dans de sombres demeures,
Gardés par des esclaves ...
Moi, je vais sans entraves,
Et me navre de leurs peurs.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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