Rambles and Studies in GreeceMahaffy, J. P. (John Pentland)
History
Rambles and Studies in Greece
Mahaffy, J. P. (John Pentland)
Art, Greek; Greece -- Description and travel
“Ce qui caractérisait la religion du Grec autrefois, ce qui la
caractérise encore de nos jours, c’est le manque d’infini, de vague,
d’attendrissement, de mollesse féminine; la profondeur du sentiment
religieux allemand et celtique manque à la race des vrais Hellènes.
La piété du Grec orthodoxe consiste en pratiques et en signes
extérieurs. Les églises orthodoxes, parfois très-élégantes, n’ont
rien des terreurs qu’on ressent dans une église gothique. En ce
christianisme oriental, point de larmes, de prières, de componction
intérieure. Les enterrements y sont presque gais; ils ont lieu le
soir, au soleil couchant, quand les ombres sont déjà longues, avec
des chants à mi-voix et un déploiement de couleurs voyantes. La
gravité fanatique des Latins déplaît à ces races vives, sereines,
légères. L’infirme n’y est pas abattu: il voit doucement venir la
mort; tout sourit autour de lui. Là est le secret de cette gaieté
divine des poëmes homériques et de Platon: le récit de la mort de
Socrate dans le _Phédon_ montre à peine une teinte de tristesse. La
vie, c’est donner sa fleur, puis son fruit; quoi de plus? Si, comme
on peut le soutenir, la préoccupation de la mort est le trait le
plus important du christianisme et du sentiment religieux moderne,
la race grecque est la moins religieuse des races. C’est une race
superficielle, prenant la vie comme une chose sans surnaturel ni
arrière-plan. Une telle simplicité de conception tient en grande
partie au climat, à la pureté de l’air, à l’étonnante joie qu’on
respire, mais bien plus encore aux instincts de la race hellénique,
adorablement idéaliste. Un rien, un arbre, une fleur, un lézard, une
tortue, provoquant le souvenir de mille métamorphoses chantées par
les poëtes; un filet d’eau, un petit creux dans le rocher, qu’on
qualifie d’antre des nymphes; un puits avec une tasse sur la
margelle, un pertuis de mer si étroit que les papillons le
traversent et pourtant navigable aux plus grands vaisseaux, comme à
Poros; des orangers, des cyprès dont l’ombre s’étend sur la mer, un
petit bois de pins au milieu des rochers, suffisent en Grèce pour
produire le contentement qu’éveille la beauté. Se promener dans les
jardins pendant la nuit, écouter les cigales, s’asseoir au clair de
lune en jouant de la flûte; aller boire de l’eau dans la montagne,
apporter avec soi un petit pain, un poisson et un lécythe de vin
qu’on boit en chantant; aux fêtes de famille, suspendre une couronne
de feuillage au-dessus de sa porte, aller avec des chapeaux de
fleurs; les jours de fêtes publiques, porter des thyrses garnis de
feuillages; passer des journées à danser, à jouer avec des chèvres
apprivoisées—voilà les plaisirs grecs, plaisirs d’une race pauvre,
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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