Rambles and Studies in GreeceMahaffy, J. P. (John Pentland)
History
Rambles and Studies in Greece
Mahaffy, J. P. (John Pentland)
Art, Greek; Greece -- Description and travel
économe, éternellement jeune, habitant un pays charmant, trouvant
son bien en elle-même et dans les dons que les dieux lui ont faits.
La pastorale à la façon de Théocrite fut dans les pays helléniques
une vérité; la Grèce se plut toujours à ce petit genre de poésie fin
et aimable, l’un des plus caractéristiques de sa littérature, miroir
de sa propre vie, presque partout ailleurs niais et factice. La
belle humeur, la joie de vivre sont les choses grecques par
excellence. Cette race a toujours vingt ans: pour elle, _indulgere
genio_ n’est pas la pesante ivresse de l’Anglais, le grossier
ébattement du Français; c’est tout simplement penser que la nature
est bonne, qu’on peut et qu’on doit y céder. Pour le Grec, en effet,
la nature est une conseillère d’élégance, une maîtresse de droiture
et de vertu; la ‘concupiscence,’ cette idée que la nature nous
induit à mal faire, est un non-sens pour lui. Le goût de la parure
qui distingue le palicare, et qui se montre avec tant d’innocence
dans la jeune Grecque, n’est pas la pompeuse vanité du barbare, la
sotte prétention de la bourgeoise, bouffie de son ridicule orgueil
de parvenue; c’est le sentiment pur et fin de naïfs jouvenceaux, se
sentant fils légitimes des vrais inventeurs de la beauté.
“Une telle race, on le comprend, eût accueilli Jésus par un sourire.
Il était une chose que ces enfants exquis ne pouvaient nous
apprendre: le sérieux profond, l’honnêteté simple, le dévouement
sans gloire, la bonté sans emphase. Socrate est un moraliste de
premier ordre: mais il n’a rien à faire dans l’histoire religieuse.
Le Grec nous paraît toujours un peu sec et sans cœur: il a de
l’esprit, du mouvement, de la subtilité; il n’a rien de rêveur, de
mélancolique. Nous autres, Celtes et Germains, la source de notre
génie, c’est notre cœur. Au fond de nous est comme une fontaine de
fées, une fontaine claire, verte et profonde, où se reflète
l’infini. Chez le Grec, l’amour propre, la vanité se mêlent à tout;
le sentiment vague lui est inconnu; la réflexion sur sa propre
destinée lui paraît fade. Poussée à la caricature, une façon si
incomplète d’entendre la vie donne a l’époque romaine le _græculus
esuriens_, grammairien, artiste, charlatan, acrobate, médecin,
amuseur du monde entier, fort analogue à l’Italien des XVIe et XVIIe
siècles: à l’époque byzantine, le théologien sophiste faisant
dégénérer la religion en subtiles disputes; de nos jours, le Grec
moderne, quelquefois vaniteux et ingrat, le _papas_ orthodoxe, avec
sa religion égoïste et matérielle. Malheur à qui s’arrête à cette
décadence! Honte à celui qui, devant le Parthénon, songe à remarquer
un ridicule! Il faut le reconnaître pourtant: la Grèce ne fut jamais
sérieusement chrétienne; elle ne l’est pas encore.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Elsewhere in the archive
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account