Rambles and Studies in GreeceMahaffy, J. P. (John Pentland)
History
Rambles and Studies in Greece
Mahaffy, J. P. (John Pentland)
Art, Greek; Greece -- Description and travel
Aucune race ne
fut moins romantique, plus dénuée du sentiment chevaleresque de
notre moyen âge. Platon bâtit toute sa théorie de la beauté en se
passant de la femme. Penser à une femme pour s’exciter à faire de
grandes choses! un Grec eût été bien surpris d’un pareil langage; il
pensait, lui, aux hommes réunis sur l’_agora_, il pensait à la
patrie. Sous ce rapport, les Latins étaient plus près de nous. La
poésie grecque, incomparable dans les grands genres tels que
l’épopée, la tragédie, la poésie lyrique désintéressée, n’avait pas,
ce semble, la douce note élégiaque de Tibulle, de Virgile, de
Lucrèce, note si bien en harmonie avec nos sentiments, si voisine de
ce que nous aimons.
“La même différence se retrouve entre la piété de saint Bernard, de
saint François d’Assise et celle des saints de l’Église grecque. Ces
belles écoles de Cappadoce, de Syrie, d’Égypte, des Pères du désert,
sont presque des écoles philosophiques. L’hagiographie populaire des
Grecs est plus mythologique que celle des Latins. La plupart des
saints qui figurent dans l’iconostase d’une maison grecque et devant
lesquels brûle une lampe ne sont pas de grands fondateurs, de grands
hommes, comme les saints de l’Occident; ce sont souvent des êtres
fantastiques, d’anciens dieux transfigurés, ou du moins des
combinaisons de personnages historiques et de mythologie, comme
saint Georges. Et cette admirable église de Sainte-Sophie! c’est un
temple arien; le genre humain tout entier pourrait y faire sa
prière. N’ayant pas eu de pape, d’inquisition, de scolastique, de
moyen age barbare, ayant toujours gardé un levain d’arianisme, la
Grèce lâchera plus facilement qu’aucun autre pays le christianisme
surnaturel, à peu près comme ces Athéniens d’autrefois étaient en
même temps, grâce à une sorte de légèreté, mille fois plus profonde
que le sérieux de nos lourdes races, le plus superstitieux des
peuples et le plus voisin du rationalisme. Les chants populaires
grecs sont encore aujourd’hui pleins d’images et d’idées païennes. À
la grande différence de l’Occident, l’Orient garda durant tout le
moyen âge et jusqu’aux temps modernes de vrais ‘hellénistes,’ au
fond plus païens que chrétiens, vivants du culte de la vieille
patrie grecque et des vieux auteurs. Ces hellénistes sont, au XVe
siècle, les agents de la renaissance de l’Occident, auquel ils
apportent les textes grecs, base de toute civilization. Le même
esprit a présidé et présidera aux destinées de la Grèce nouvelle.
Quand on a bien étudié ce qui fait de nos jours le fond d’un Hellène
cultivé, on voit qu’il y a chez lui très-peu de christianisme: il
est chrétien de forme, comme un Persan est musulman; mais au fond il
est ‘helléniste.’ Sa religion, c’est l’adoration de l’ancien génie
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Elsewhere in the archive
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account