Rambles and Studies in GreeceMahaffy, J. P. (John Pentland)
History
Rambles and Studies in Greece
Mahaffy, J. P. (John Pentland)
Art, Greek; Greece -- Description and travel
Ces sacrifices sont récompensés. Le long du ruisseau,
là où les côtes s’écartent et laissent entre elles un peu d’espace,
l’eau, soigneusement ménagée, mesurée par heures et par minutes à
chaque propriétaire, court bruyante et claire dans les rigoles; elle
arrose des vergers où croissent, suivant les lieux, soit l’oranger,
le citronnier et le grenadier, soit les arbres de nos climats
tempérés, le pêcher, le pommier et le poirier; à leur ombre
grossissent la fève et l’enorme courge. Plus haut, sur les versants
les moins roides et les moins pierreux, là où la légère charrue
inventée par Triptolème a trouvé assez de place pour tracer le
sillon, l’orge et le seigle verdissent au printemps, et, dans les
bonnes années, profitent pour mûrir des tardifs soleils d’automne.
Ce qui d’ailleurs réussit le mieux dans ces montagnes, ce qui paye
vraiment les habitants de leurs peines, c’est l’olivier, dont les
puissantes racines étreignent le roc et semblent faire corps avec
lui; c’est la vigne, qui, d’étage en étage, grimpe presque jusqu’aux
sommets. A l’un et à l’autre, pour donner une huile et un vin qui
seraient les plus savoureux du monde, s’ils étaient mieux préparés,
il suffit de beaucoup de soleil, d’un peu de terre et de quelques
coups de hoyau qui viennent à propos ameublir le sol et le dégager
des plantes parasites.
“C’est ainsi que dans l’Attique, au temps de sa prospérité, même les
cantons aujourd’hui les plus déserts et les plus stériles devaient
être habités et cultivés. Sur beaucoup de ces croupes où le roc
affleure presque partout, où verdit à peine, aux premiers jours du
printemps, une herbe courte, diaprée d’anémones et de cistes, qui
jaunira dès le mois de mai, il y avait jadis une couche plus épaisse
de terre végétale. Dans les ravins, là où j’ai perdu plus d’une fois
mon chemin en poursuivant la perdrix rouge ou la bécasse à travers
des maquis touffus, on a, pendant bien des siècles, fait la vendange
et la cueillette des olives; c’est ce dont témoignent, sur les
pentes les mieux exposées aux rayons du midi ou du couchant, des
restes de murs et de terrassements que l’on distingue encore dans
l’épaisseur du fourré. Dans les endroits où la culture était à peu
près impossible, des bois de pins, aujourd’hui presque entièrement
détruits, empêchaient la montagne de se dénuder; dans les clairières
et entre les rocs mêmes poussaient la sauge, la campanule et le
thym, toutes ces plantes aromatiques, tous ces vigoureux arbustes
que se plaît à tondre la dent des moutons et des chèvres.”
_ 75 πολλαὶ δ’ ἁμὶν ὕπερθε κατὰ κρατὸς δονέοντο_
_αἴγειροι πτελέαι τε· τὸ δ’ ἐγγύθεν ἱερὸν ὕδωρ_
_Νυμφᾶν ἐξ ἄντροιο κατειβόμενον κελάρυζε_
—THEOCR. VII. 135.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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