Selections from Saint-SimonSaint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
History
Selections from Saint-Simon
Saint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
France -- History -- Louis XIV, 1643-1715
[201] Chamillart succeeded Pontchartrain as Controller-general in
1699.
En même temps, Vauban, toujours appliqué à son ouvrage, vit celui-ci
avec attention, et quelques autres du même auteur qui le suivirent;
de là il voulut entretenir Boisguilbert. Peu attaché aux siens, mais
ardent pour le soulagement des peuples et pour le bien de l’État, il
les retoucha et les perfectionna sur ceux-ci, et y mit la dernière
main. Ils convenoient sur les choses principales, mais non en tout.
Boisguilbert vouloit laisser quelques impôts sur le commerce
étranger et sur les denrées à la manière de Hollande, et s’attachoit
principalement à ôter les plus odieux, et surtout les frais immenses,
qui, sans entrer dans les coffres du Roi, ruinoient les peuples à la
discrétion des traitants et de leurs employés, qui s’y enrichissoient
sans mesure, comme cela est encore aujourd’hui et n’a fait qu’augmenter
sans avoir jamais cessé depuis.
Vauban, d’accord sur ces suppressions, passoit jusqu’à celle des
impôts mêmes: il prétendoit n’en laisser qu’un unique, et avec cette
simplification remplir également leurs vues communes sans tomber en
aucun inconvénient. Il avoit l’avantage sur Boisguilbert de tout ce
qu’il avoit examiné, pesé, comparé et calculé lui-même, en ses divers
voyages, depuis vingt ans, de ce qu’il avoit tiré du travail de ceux
que, dans le même esprit, il avoit envoyés depuis plusieurs années
en diverses provinces, toutes choses que Boisguilbert, sédentaire à
Rouen, n’avoit pu se proposer, et l’avantage encore de se rectifier
par les lumières et les ouvrages de celui-ci; par quoi il avoit raison
de se flatter de le surpasser en exactitude et en justesse, base
fondamentale de pareille besogne. Vauban donc abolissoit toutes sortes
d’impôts auxquels il en substituoit un unique, divisé en deux branches,
auxquelles il donnoit le nom de dîme royale: l’une sur les terres,
par un dixième de leur produit; l’autre léger, par estimation, sur le
commerce et l’industrie, qu’il estimoit devoir être encouragés l’un
et l’autre, bien loin d’être accablés. Il prescrivoit des règles très
simples, très sages et très faciles pour la levée et la perception de
ces deux droits, suivant la valeur de chaque terre, et par rapport au
nombre d’hommes sur lequel on peut compter avec le plus d’exactitude
dans l’étendue du royaume. Il ajouta la comparaison de la répartition
en usage avec celle qu’il proposoit, les inconvénients de l’une et de
l’autre, et réciproquement leurs avantages, et conclut par des preuves
en faveur de la sienne, d’une netteté et d’une évidence à ne s’y
pouvoir refuser. Aussi cet ouvrage[202] reçut-il les applaudissements
publics, et l’approbation des personnes les plus capables de ces
calculs et de ces comparaisons et les plus versées en toutes ces
matières, qui en admirèrent la profondeur, la justesse, l’exactitude et
la clarté.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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