Selections from Saint-SimonSaint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
History
Selections from Saint-Simon
Saint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
France -- History -- Louis XIV, 1643-1715
[204] Nicolas Desmaretz succeeded Chamillart as
Controller-general in 1708. His father married Colbert’s sister.
“C’étoit un grand homme très bien fait, d’un visage et d’une
physionomie agréable, qui annonçoit la sagesse et la douceur, qui
étoient les deux choses du monde qu’il tenoit le moins” (II. 324).
Ce ne fut donc pas merveilles si le Roi, prévenu et investi de la
sorte, reçut très mal le maréchal de Vauban lorsqu’il lui présenta son
livre[205], qui lui étoit adressé dans tout le contenu de l’ouvrage. On
peut juger si les ministres à qui il le présenta lui firent un meilleur
accueil. De ce moment, ses services, sa capacité militaire, unique en
son genre, ses vertus, l’affection que le Roi y avoit mise, jusqu’à
croire se couronner de lauriers en l’élevant, tout disparut à l’instant
à ses yeux: il ne vit plus en lui qu’un insensé pour l’amour du public,
et qu’un criminel qui attentoit à l’autorité de ses ministres, par
conséquent à la sienne; il s’en expliqua de la sorte sans ménagement.
[205] Vauban presented his book in manuscript to the king at the
end of 1699. It was modified and completed in 1704.
L’écho en retentit plus aigrement encore dans toute la nation offensée,
qui abusa sans aucun ménagement de sa victoire; et le malheureux
maréchal, porté dans tous les cœurs françois, ne put survivre aux
bonnes grâces de son maître, pour qui il avoit tout fait, et mourut
peu de mois après, ne voyant plus personne, consommé de douleur et
d’une affliction que rien ne put adoucir, et à laquelle le Roi fut
insensible, jusqu’à ne pas faire semblant de s’apercevoir qu’il eût
perdu un serviteur si utile et si illustre. Il n’en fut pas moins
célébré par toute l’Europe, et par les ennemis mêmes, ni moins
regretté en France de tout ce qui n’étoit pas financier ou suppôts de
financiers[206].
[206] Ed. Chéruel, V. 149-154; ed. Boislisle, XIV. 323-339.
6. D’ANTIN
LOUIS-ANTOINE DE PARDAILLAN DE GONDRIN, Marquis and afterwards
Duc d’ANTIN (1665-1736), was the son of M. and Mme de
Montespan. He was the type of a perfect courtier, but it was
not till 1707, after paying court assiduously for twenty-five
years, that he succeeded in winning the favour of Louis XIV
who conferred on him the governorship of Orleans. “Me voilà
dégelé!” On the death of J.-H. Mansard he became Superintendent
of the royal buildings. See XII. 239, and Sainte-Beuve, _Caus.
du Lundi_, V. 478 ff.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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