Selections from Saint-SimonSaint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
History
Selections from Saint-Simon
Saint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
France -- History -- Louis XIV, 1643-1715
M. de Beauvillier voyoit les choses comme elles étoient: il étoit
ennemi des chimères, il pesoit tout avec exactitude, comparoit
les partis avec justesse, demeuroit inébranlable dans son choix
sur des fondements certains. M. de Chevreuse, avec plus d’esprit,
et sans comparaison plus de savoir en tout genre, voyoit tout en
blanc et en pleine espérance, jusqu’à ce qui en offrait le moins,
n’avoit pas la justesse de l’autre, ni le sens si droit. Son trop
de lumières point assez ramassées l’éblouissoit par de faux jours,
et sa facilité prodigieuse de concevoir et de raisonner lui ouvroit
tant de routes qu’il étoit sujet à l’égarement, sans s’en apercevoir
et de la meilleure foi du monde. Ces inconvénients n’étoient jamais
en M. de Beauvillier, qui étoit préférable dans un conseil, et M. de
Chevreuse dans toutes les académies. Il avoit aussi une élocution plus
naturellement diserte, entraînante, et dangereuse aussi, par les grâces
qui y naissoient d’elles-mêmes, à entraîner dans le faux à force de
chaînons, quand on lui avoit passé une fois ses premières propositions
en entier faute d’attention assez vigilante, et de donner par cet
entraînement dans un faux qu’à la fin on apercevoit tout entier,
mais déjà dans le branle forcé de s’y sentir précipité. Enfin, pour
achever ce contraste de deux hommes si unis jusqu’à n’être qu’un, le
duc de Chevreuse ne pouvoit se lever ni se coucher; M. de Beauvillier,
réglé en tout, se levoit fort matin, et se couchoit de bonne heure,
c’est-à-dire qu’il sortoit de table au commencement du fruit, et qu’il
étoit couché avant que le souper fût fini[235].
[235] Ed. Chéruel, X. 276 ff.; ed. Boislisle, XXV. 42 ff.
11. FÉNELON
FRANÇOIS DE SALIGNAC DE LA MOTHE-FÉNELON was born in his
ancestral _château_ of Périgord in 1651. He was appointed tutor
to the Duc de Bourgogne in 1689 and Archbishop of Cambrai in
1695. In the following year his championship of Mme Guyon and
the doctrine of Quietism brought him into disgrace with Louis
XIV, and his residence at Cambrai became virtually an exile. He
administered his see with the dignity of a _grand seigneur_,
the capacity of a man of affairs, and the piety of a true
Christian. His death in 1715 was the occasion for the following
portrait, of which the earlier one in vol. VIII. (pp. 419-423)
may be regarded as a first sketch. For a still earlier and a
less favourable one, written when Fénelon was appointed to the
see of Cambrai, see I. 271-275.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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