Selections from Saint-SimonSaint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
History
Selections from Saint-Simon
Saint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
France -- History -- Louis XIV, 1643-1715
[253] Guillaume Dubois, the son of an apothecary, was born at
Brive in 1656. After being tutor in several private families, he
was appointed first assistant-tutor and then tutor to the young
Duc de Chartres and succeeded in winning his complete confidence.
Compare the portrait drawn by Saint-Simon after his death (1723),
IV. 138 ff. The Archbishopric of Cambrai, seven abbeys, and his
stipends as first minister and head of the postal-service, gave
him an income of 574,000 _livres_. “He had an extraordinarily
lucid mind, a surprising power of work, and a determined will.
No scruples troubled him.... He was a mixture of Gil Blas and
Frontin” (Carré). The same writer points out that Fénelon gave
him his friendship and esteem, and that Madame corresponded with
him for fifteen years and evidently thought highly of him. But in
1721 she writes: “He has poisoned my whole life.”
Un si bon maître ne perdit pas son temps auprès d’un disciple tout
neuf encore, et en qui les excellents principes de Saint-Laurent[254]
n’avoient pas eu le temps de prendre de fortes racines, quelque
estime et quelque affection qu’il ait conservée toute sa vie pour cet
excellent homme. Je l’avouerai ici avec amertume, parce que tout doit
être sacrifié à la vérité: M. le duc d’Orléans apporta au monde une
facilité, appelons les choses par leur nom, une foiblesse qui gâta sans
cesse tous ses talents, et qui fut à son précepteur d’un merveilleux
usage toute sa vie. Hors de toute espérance du côté du Roi depuis la
folie d’avoir osé lui demander sa nomination au cardinalat, il ne
songea plus qu’à posséder son jeune maître par la conformité à soi. Il
le flatta du côté des mœurs pour le jeter dans la débauche, et lui en
faire un principe pour se bien mettre dans le monde, jusqu’à mépriser
tous devoirs et toutes bienséances, ce qui le feroit bien plus ménager
par le Roi qu’une conduite mesurée; il le flatta du côté de l’esprit,
dont il le persuada [qu’]il en avoit trop et trop bon pour être la
dupe de la religion, qui n’étoit, à son avis, qu’une invention de
politique, et de tous les temps, pour faire peur aux esprits ordinaires
et retenir les peuples dans la soumission. Il l’infatua encore de son
principe favori que la probité dans les hommes et la vertu dans les
femmes ne sont que des chimères sans réalité dans personne, sinon
dans quelques sots en plus grand nombre qui se sont laissé imposer
ces entraves comme celle de la religion, qui en sont des dépendances,
et qui pour la politique sont du même usage, et fort peu d’autres qui
ayant de l’esprit et de la capacité se sont laissé raccourcir l’un et
l’autre par les préjugés de l’éducation. Voilà le fonds de la doctrine
de ce bon ecclésiastique, d’où suivoit la licence de la fausseté, du
mensonge, des artifices, de l’infidélité, de la perfidie, de toute
espèce de moyens, en un mot, tout crime et toute scélératesse tournés
en habileté, en capacité, en grandeur, liberté et profondeur d’esprit,
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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