Selections from Saint-SimonSaint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
History
Selections from Saint-Simon
Saint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
France -- History -- Louis XIV, 1643-1715
Ses matinées, qu’elle commençoit de fort bonne heure, étoient remplies
par des audiences obscures de charité ou de gouvernement spirituel;
quelquefois par quelques ministres, très rarement par quelques généraux
d’armée; encore ces derniers, quand ils avoient un rapport particulier
à elle, comme les maréchaux de Villars, de Villeroy, d’Harcourt et
quelquefois Tessé. Assez souvent, dès huit heures du matin et plus tôt,
elle alloit chez quelque ministre. Rarement elle dînoit chez eux, avec
leurs femmes et une compagnie fort trayée. C’étoient là les grandes
faveurs, et une nouvelle, mais qui ne menoient à rien qu’à de l’envie
et à quelque considération. M. de Beauvillier[92] fut des premiers et
des plus longtemps favorisés de ces dîners[93], et fréquents, comme on
l’a remarqué ailleurs, jusqu’à ce que Godet, évêque de Chartres, en
renversa les escabelles, et arrêta tout court les progrès de Fénelon,
qui s’étoit fait leur docteur. Les ministres chargés de la guerre,
surtout des finances, furent toujours ceux à qui Mme de Maintenon avoit
le plus affaire, et qu’elle cultiva. Rarement, et plus que rarement,
alla-t-elle chez les autres, mais pour affaires, et souvent d’État, et
dès le matin, sans jamais dîner chez ces derniers.
[92] See below for his portrait.
[93] Saint-Simon, I. 274, says that Mme de Maintenon dined
regularly once, and sometimes twice a week, either at the Hôtel
de Beauvillier or the Hôtel de Chevreuse at Versailles with the
two Dukes and their wives. But the affair of Quietism put an end
to their intimate meetings, for both Dukes were close allies of
Fénelon.
L’ordinaire, dès qu’elle étoit levée, c’étoit de s’en aller à
Saint-Cyr[94], et d’y dîner dans son appartement seule, ou avec quelque
favorite de la maison, d’y donner des audiences le moins qu’elle
pouvoit, d’y régenter au dedans, d’y gouverner l’Église au dehors,
d’y lire et d’y répondre des lettres, d’y gouverner des monastères
de Filles de toutes parts, d’y recevoir des avis et des lettres
d’espionnages, et de revenir à peu près justement au temps que le Roi
passoit chez elle. Devenue plus vieille et plus infirme, en arrivant
entre sept et huit heures du matin à Saint-Cyr, elle s’y mettoit au lit
pour se reposer, ou faire quelque remède.
[94] For Mme de Maintenon and Saint-Cyr see Sainte-Beuve, _Caus.
du Lundi_, VIII. 473, an article inspired by T. Lavallée, _Mme de
Maintenon et la maison royale de Saint-Cyr_.
A Fontainebleau, elle avoit une maison à la ville, où elle alloit
souvent pour y faire les mêmes choses qu’à Saint-Cyr. A Marly, elle
s’étoit fait accommoder un petit appartement qui avoit une fenêtre dans
la chapelle. Elle en faisoit souvent le même usage que de Saint-Cyr;
mais cela s’appeloit le Repos, et ce Repos étoit inaccessible, sans
exception que de Mme la duchesse de Bourgogne.
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