Selections from Saint-SimonSaint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
History
Selections from Saint-Simon
Saint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
France -- History -- Louis XIV, 1643-1715
A Marly, à Trianon, à Fontainebleau, le Roi alloit chez elle les matins
des jours qu’il n’y avoit point de conseil, et qu’elle n’étoit pas à
Saint-Cyr; à Fontainebleau, depuis sa messe jusqu’au dîner, quand le
dîner n’étoit pas quelquefois au sortir de la messe pour aller courre
le cerf; et il y étoit une heure et demie, et quelquefois davantage.
A Trianon et à Marly, la visite duroit beaucoup moins, parce que,
en sortant de chez elle, il s’alloit promener dans ses jardins. Ces
visites étoient presque toujours tête à tête, sans préjudice de celles
de toutes les après-dînées, qui étoient rarement tête à tête que fort
peu de temps, parce que les ministres y venoient chacun à son tour
travailler avec le Roi. Le vendredi, qu’il arrivoit souvent qu’il n’y
en avoit point, c’étoient les dames familières avec qui il jouoit, ou
une musique; ce qui se doubla et tripla de jours tout à la fin de sa
vie.
Vers les neuf heures du soir, deux femmes de chambre venoient
déshabiller Mme de Maintenon. Aussitôt après, son maître d’hôtel et un
valet de chambre apportoient son couvert, un potage et quelque chose
de léger. Dès qu’elle avoit achevé de souper, ses femmes la mettoient
dans son lit, et tout cela en présence du Roi et du ministre, qui
n’en discontinuoit pas son travail, et qui n’en parloit pas plus bas,
ou, s’il n’y en avoit point, des dames familières. Tout cela gagnoit
dix heures, que le Roi alloit souper, et en même temps on tiroit les
rideaux de Mme de Maintenon.
Dans les voyages, c’étoit la même chose. Elle partoit de bonne heure
avec quelque favorite, comme Mme de Montchevreuil toujours tant
qu’elle vécut, Mme d’Heudicourt, Mme de Dangeau[95], Mme de Caylus.
Un carrosse du Roi la menoit, toujours affecté pour elle, même pour
aller de Versailles, etc., à Saint-Cyr; et des Épinais, écuyer de la
petite écurie, la mettoit dans le carrosse, et l’accompagnoit à cheval;
c’étoit sa tâche de tous les jours. Dans les voyages, le carrosse de
Mme de Maintenon menoit ses femmes de chambre, et suivoit celui du Roi
où elle étoit. Elle s’arrangeoit de façon que le Roi, en arrivant, la
trouvoit toute établie lorsqu’il passoit chez elle. Partie autorité,
partie invention de seconde dame d’atour de la Dauphine de Bavière[96],
son carrosse et sa chaise, avec ses porteurs ayant sa livrée, entroient
partout comme ceux des gens titrés.
[95] The Marquise de Dangeau, _née_ Löwenstein, was of the family
of the Electors of Bavaria. She was an excellent woman, of great
charm and beauty, and was a close friend of Mme de Maintenon,
with whom she frequently corresponded. “Elle est la favorite de
la pantocrate... on dit qu’elle a sur celle-ci un pouvoir aussi
absolu que celui de la dame sur le Roi.” (_Corr. de Madame_, I.
237.)
[96] Marie-Anne-Christine, sister of Maximilian II, Elector of
Bavaria, married the Dauphin in 1686 and died in 1690.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Elsewhere in the archive
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account