Selections from Saint-SimonSaint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
History
Selections from Saint-Simon
Saint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
France -- History -- Louis XIV, 1643-1715
Il en étoit de même du jeu, qu’il vouloit gros et continuel dans le
salon de Marly pour le lansquenet, et force tables d’autres jeux par
tout le salon. Il s’amusoit volontiers à Fontainebleau, les jours
de mauvais temps, à voir jouer les grands joueurs à la paume, où il
avoit excellé autrefois[118], et à Marly très souvent, à voir jouer au
mail[119], où il avoit aussi été fort adroit.
[118] He was not, however, so devoted to the game as some of his
predecessors, e.g. Francis I, Henry II, and Henry IV. The best
player of this time was a certain Jourdan, who was paid a yearly
salary of 800 livres for coaching the royal princes. But tennis
was on the decline in the reign of Louis XIV. In 1596 there were
250 courts (_tripots_) in Paris alone, in 1657 114, in 1780 only
10 (J.-J. Jusserand, _Les Sports dans l’ancienne France_, 1901,
pp. 240-265).
[119] The game of _mail_ was universally popular in France in the
16th and 17th centuries. It was a form of golf, played with a
long-handled mallet and a wooden ball, and was sometimes called
_palemail_ (cp. our Pall Mall) from _pila_ and _malleus_. It is
still played at Montpellier (see Jusserand, pp. 304-314).
Quelquefois, les jours qu’il n’y avoit point de conseil, qui n’étoient
pas maigres, et qu’il étoit à Versailles, il alloit dîner à Marly ou
à Trianon avec Mme la duchesse de Bourgogne, Mme de Maintenon et des
dames, et cela devint beaucoup plus ordinaire ces jours-là les trois
dernières années de sa vie. Au sortir de table, en été, le ministre qui
devoit travailler avec lui arrivoit, et quand le travail étoit fini, il
passoit jusqu’au soir à se promener avec les dames, à jouer avec elles,
et assez souvent à leur faire tirer une loterie toute de billets
noirs, sans y rien mettre; c’étoit ainsi une galanterie de présents
qu’il leur faisoit, au hasard, de choses à leur usage, comme d’étoffes
et d’argenterie, ou de joyaux ou beaux ou jolis, pour donner plus au
hasard. Mme de Maintenon tiroit comme les autres, et donnoit presque
toujours sur-le-champ ce qu’elle avoit gagné. Le Roi ne tiroit point,
et souvent il y avoit plusieurs billets sous le même lot. Outre ces
jours-là, il y avoit assez souvent de ces loteries quand le Roi dînoit
chez Mme de Maintenon. Il s’avisa fort tard de ces dîners, qui furent
longtemps rares, et qui sur la fin vinrent à une fois la semaine avec
les dames familières, avec musique et jeu. A ces loteries, il n’y avoit
que des dames du palais et des dames familières, et plus de dames du
palais depuis la mort de Madame la Dauphine; mais il y en avoit trois,
Mmes de Levis[120], Dangeau[121] et d’O[122], qui étoient familières.
L’été, le Roi travailloit chez lui, au sortir de table, avec les
ministres, et lorsque les jours s’accourcissoient, il y travailloit le
soir chez Mme de Maintenon.
[120] Marie-Françoise d’Albert, a daughter of the Duc de
Chevreuse, and wife of the Marquis, afterwards Duc de Levis.
[121] See Introduction.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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