Selections from Saint-SimonSaint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
History
Selections from Saint-Simon
Saint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
France -- History -- Louis XIV, 1643-1715
Jusqu’à la promotion de 1661 inclusivement, les chevaliers de l’Ordre
en portoient tous le grand habit à toutes les trois cérémonies de
l’Ordre, y alloient à l’offrande, et y communiant. Le Roi retrancha
lors le grand habit, l’offrande et la communion. Henri III l’avoit
prescrite à cause des huguenots et de la Ligue. La vérité est qu’une
communion générale, publique, en pompe, prescrite à jour nommé trois
fois l’an à des courtisans, devient une terrible et bien dangereuse
pratique, qu’il a été très bon d’ôter; mais pour l’offrande, qui étoit
majestueuse, où il n’y a plus que le Roi qui y aille, et le grand
habit de l’Ordre réduit aux jours de réception, et le plus souvent
encore seulement pour ceux qui sont reçus, cela ôte toute la beauté de
la cérémonie. A l’égard du repas en réfectoire avec le Roi, on a dit
ailleurs ce qui l’a fait supprimer.
Il ne se passoit guère quinze jours que le Roi n’allât à Saint-Germain,
même après la mort du roi Jacques II. La cour de Saint-Germain venoit
aussi à Versailles, mais plus souvent à Marly, et souvent y souper, et
nulle fête de cérémonie ou de divertissement qu’elle n’y fût invitée,
qu’elle n’y vînt et dont elle ne reçût tous les honneurs. Ils étoient
réciproquement convenus de se recevoir et se conduire dans le milieu
de leur appartement. A Marly, le Roi les recevoit et les conduisoit
à la porte du petit salon du côté de la Perspective, et les y voyoit
descendre et monter dans leur chaise à porteurs; à Fontainebleau, tous
les voyages, au haut de l’escalier à fer à cheval, depuis que le Roi
leur eut accordé de ne les aller plus recevoir et conduire au bout de
la forêt. Rien n’étoit pareil aux soins, aux égards, à la politesse
du Roi pour eux, ni à l’air de majesté et de galanterie avec lequel
cela se passoit à chaque fois; on en a parlé ailleurs plus au long.
A Marly, ils demeuroient en arrivant un quart d’heure dans le salon,
debout au milieu de toute la cour, puis passoient chez le Roi ou chez
Mme de Maintenon. Le Roi n’entroit jamais dans le salon que pour le
traverser, pour des bals, ou pour y voir jouer un moment le jeune roi
d’Angleterre ou l’électeur de Bavière. Les jours de naissance ou de la
fête du Roi et de sa famille, si observés dans les cours de l’Europe,
ont toujours été inconnus dans celle du Roi, en sorte que jamais il n’y
en a été fait la moindre mention en rien, ni différence aucune de tous
les autres jours de l’année.
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