Selections from Saint-SimonSaint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
History
Selections from Saint-Simon
Saint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de
France -- History -- Louis XIV, 1643-1715
Il manquoit peu de sermons l’avent et le carême, et aucune des
dévotions de la semaine sainte, des grandes fêtes, ni les deux
processions du Saint Sacrement, ni celles des jours de l’ordre du
Saint-Esprit, ni celle de l’Assomption. Il étoit très respectueusement
à l’église. A sa messe tout le monde étoit obligé de se mettre à genoux
au _Sanctus_, et d’y demeurer jusqu’après la communion du prêtre; et
s’il entendoit le moindre bruit ou voyoit causer pendant la messe, il
le trouvoit fort mauvais. Il manquoit rarement le salut les dimanches,
s’y trouvoit souvent les jeudis, et toujours pendant toute l’octave du
Saint Sacrement. Il communioit toujours en collier de l’Ordre, rabat et
manteau, cinq fois l’année, le samedi saint à la paroisse, les autres
jours à la chapelle, qui étoient la veille de la Pentecôte, le jour de
l’Assomption, et la grand messe après, la veille de la Toussaint et la
veille de Noël, et une messe basse après celle où il avoit communié,
et ces jours-là point de musique à ses messes, et à chaque fois il
touchoit les malades. Il alloit à vêpres les jours de communion, et
après vêpres il travailloit dans son cabinet, avec son confesseur,
à la distribution des bénéfices qui vaquoient; il n’y avoit rien de
plus rare que de lui voir donner aucun bénéfice en d’autres temps; il
alloit le lendemain à la grand messe et à vêpres. A matines et à trois
messes de minuit en musique, et c’étoit un spectacle admirable que la
chapelle; le lendemain à la grand messe, à vêpres, au salut. Le jeudi
saint, il servoit les pauvres à dîner, et après la collation, il ne
faisoit qu’entrer dans son cabinet, et passoit à la tribune adorer
le Saint Sacrement, et se venoit coucher tout de suite. A la messe,
il disoit son chapelet (il n’en savoit pas davantage), et toujours à
genoux, excepté à l’évangile. Aux grandes messes, il ne s’asseyoit dans
son fauteuil qu’aux temps où on a coutume de s’asseoir. Aux jubilés,
il faisoit presque toujours ses stations à pied; et tous les jours de
jeûne, et ceux du carême où il mangeoit maigre, il faisoit seulement
collation.
Il étoit toujours vêtu de couleur plus ou moins brune avec une légère
broderie, jamais sur les tailles, quelquefois rien qu’un bouton d’or,
quelquefois du velours noir. Toujours une veste de drap ou de satin
rouge, ou bleue, ou verte, fort brodée. Jamais de bague, et jamais de
pierreries qu’à ses boucles de souliers, de jarretières, et de chapeau
toujours bordé de point d’Espagne avec un plumet blanc. Toujours le
cordon bleu dessous, excepté des noces ou autres fêtes pareilles qu’il
le portoit par dessus, fort long avec pour huit ou dix millions de
pierreries. Il étoit le seul de la maison royale et des princes du sang
qui portât l’Ordre dessous, en quoi fort peu de chevaliers de l’Ordre
l’imitoient, et aujourd’hui presque aucun ne le porte dessus, les bons
par honte de leurs confrères, et ceux-là embarrassés de le porter.
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