French literature -- 19th century -- History and criticism; Symbolism in literature
Among the never ordinary verses of _Amours jaunes_, are many that are
admirable, but admirable with an air so equivocal, so specious, that
we do not always enjoy them at the first meeting; then we judge that
Tristan Corbière is, like Laforgue, a little his disciple, one of
those undeniable, unclassable talents which are strange and precious
exceptions in the history of literature--singular even in a gallery of
oddities.
Here are two little poems of Tristan Corbière, forgotten even by the
last publisher of the _Amours jaunes_:
PARIS NOCTURNE
C'est la mer;--calme plat--Et la grande marée
Avec un grondement lointain s'est retirée....
Le flot va revenir se roulant dans son bruit.
Entendez-vous gratter les crabes de la nuit.
C'est le Styx asséché: le chiffonier Diogène,
La lanterne à la main, s'en vient avec sans-gêne.
Le long du ruisseau noir, les poètes pervers
Pêchent: leur crâne creux leur sert de boîte à vers.
C'est le champ: pour glaner les impures charpies
S'abat le vol tournant des hideuses harpies;
Le lapin de gouttière, à l'affût des rongeurs.
Fuit les fils de Bondy, nocturnes vendangeurs.
C'est la mort: la police gît.--En haut l'amour
Fait sa sieste, en tétant la viande d'un bras lourd
Oû le baiser éteint laisse sa plaque rouge.
L'heure est seule. Écoutez. Pas un rêve ne bouge.
C'est la vie: écoutez, la source vive chante
L'éternelle chanson sur la tête gluante
D'un dieu marin tirant ses membres nus et verts
Sur le lit de la Morgue ... et les yeux grands ouverts.
PARIS DIURNE
Vois aux deux le grand rond de cuivre rouge luire,
Immense casserole où le bon Dieu fait cuire
La manne, l'arlequin, l'éternel plat du jour.
C'est trempé de sueur et c'est trempé d'amour.
Les laridons en cercle attendent prés du four,
On entend vaguement la chair rance bruire,
Et les soiffards aussi sont là, tendant leur buire,
Les marmiteux grelotte en attendant son tour.
Crois-tu que le soleil frit donc pour tout le monde
Ces gras graillons grouillants qu'un torrent d'or inonde?
Non, le bouillon de chien tombe sur nous du ciel.
Eux sont sous le rayon et nous sous la gouttière.
A nous le pot au noir qui froidit sans lumière.
Notre substance à nous, c'est notre poche à fiel.
(Tr. 41)
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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