The boy's Froissart : $b being Sir John Froissart's Chronicles of adventures, battle, and custom in England, France, Spain, etc.Froissart, Jean
History
The boy's Froissart : $b being Sir John Froissart's Chronicles of adventures, battle, and custom in England, France, Spain, etc.
Froissart, Jean
France -- History -- House of Valois, 1328-1589; Great Britain -- History -- 14th century; Hundred Years' War, 1339-1453
Les Anglois qui ordonnés étoient en trois batailles, et qui sévient jus
(bas) à terre tout bellement, sitôt qu’ils virent les François
approcher, ils se levèrent moult ordonnément, sans nul effroi, et se
rangèrent en leurs batailles, celle du prince tout devant, leurs archers
mis en manière d’une herse, et les gens-d’armes au fond de la bataille.
Le comte de Northampton et le comte d’Arundel et leur bataille, qui
faisoient la seconde, se tenoient sur aile bien ordonnément et avisés et
pourvus pour conforter le prince, si besoin étoit. Vous devez savoir que
ces seigneurs, rois, ducs, comtes, barons François ne vinrent mie
jusques là tous ensemble, mais l’un devant, l’autre derrière, sans arroy
et sans ordonnance. Quand le roi Philippe vint jusques sur la place où
les Anglois étoient de là arrêtés et ordonnés, et il les vit, le sang
lui mua, car il les héoit (haïssoit) et ne se fut adonc nullement
refrené (retenu) ni abstenu d’eux combattre; et dit à ses maréchaux:
“Faites passer nos Génois devant et commencer la bataille, au nom de
Dieu et de monseigneur St. Denis.” Là avoit, de ces dits Génois
arbalétriers, environ quinze mille qui eussent eu aussi cher néant que
commencer adonc la bataille; car ils étoient durement las et travaillés
(fatigués) d’aller à pied ce jour plus de six lieues, tous armés, et de
leurs arbalétres porter; et dirent adonc à leurs connétables
(commandants) qu’ils n’étoient mie adonc ordonnés de foire nul grand
exploit de bataille.
Ces paroles volèrent jusques au comte d’Alençon, qui en fut durement
courrucé et dit: “On se doit bien charger de telle ribaudaille qui
faillent (manquent) au besoin.”
Entrementes (pendant) que ces parols couroient et que ces Génois se
reculoient et se détnoient (différoient) descendit une pluie du ciel, si
grosse et si épaisse que merveilles, et un tonnerre, et un esclistre
(eclair) moult grand et moult horrible.
Paravant cette pluie, pardessus les batailles, autant d’un côté que
d’autre, avoient volé si grand’ foison de courbeaux que sans nombre, et
demeué le plus grand tempêtes du monde. Là disolent aucuns sages
chevaliers que c’étoit un signe de grand’ bataille et de grand effusion
de sang.
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